Se masturber, et alors ?

15 février 2020 § Commentaires fermés sur Se masturber, et alors ? § permalien

Diogène de Sinope – Jules-Bastien Lepage – 1873
     Diogène de Sinope, dit le Cynique, avait montré la voie, prônant la masturbation. J’avais sur mes vingt ans écrit une chanson à sa gloire. 
     Aujourd’hui comme tout le monde j’ai tenté de voir la vidéo que la majorité applaudit, tandis que quelques Tartuffe s’en offusquent, le grand prêtre de ces imposteurs, dindon avec son étole rouge comme une caroncule, Christophe Barbier. 
     J’ai cherché mais n’ai pas trouvé, abandonnant au bout de quelques instants, essentiellement parce qu’après tout cela relève d’un acte totalement privé et qu’il m’eût été désagréable, avouai-je, d’en pâtir si celle avec qui j’ai pratiqué, il y a déjà longtemps maintenant, ce légitime et audiovisuel partage d’un plaisir différent avait eu l’indélicatesse, la méchanceté, la perversité d’en divulguer la beauté intemporelle. Ou tout autre scélérat ayant eu entre ses mains l’objet du délit, se l’étant procuré malhonnêtement ou non : l’enregistrement de la performance. 
   Je nomme performance ce qui le devient pour moi dorénavant pour des raisons que j’expliciterai plus bas, et non performance artistique comme ose se prétendre le prétendu praticien à l’origine du scandale, qui, pour sa part, n’hésite pas non plus à se dénuder pour, au choix, se couper un lobe d’oreille, dormir dans un rouleau de barbelé, se clouer un testicule devant le Kremlin ou encore allumer des incendies. Bref, des œuvres mineures et sans aucun intérêt qu’il devrait parachever triomphalement par un véritable chef-d’œuvre digne d’un artiste de son niveau, imiter les bonzes qui s’immolèrent par le feu. 
     Venons-en aux explications que j’évoquais précédemment. Je ne sais si c’est l’âge, la prise d’antidépresseurs depuis la mort de mon fils ou d’autres causes médicales, il me devient difficile d’imiter le jeune Griveaux. Heureux homme à l’excellente santé tant physique que mentale qui peut encore non seulement bander mais éjaculer voire procréer, ce ne sont pas des moqueries que je t’adresse mais mon admiration la plus sincère, mes encouragements à poursuivre et à faire fi des critiques vulgaires de celles et ceux qui ne comprendront jamais rien, non seulement à la beauté du sexe, mais surtout à sa nécessité. Et qui, au nom de la morale se permettent de donner des leçons. 
     Plus que de tristes pantins, ce ne sont que sinistres émasculés, crapules sapant, ébranlant l’architecture démocratique qu’ils haïssent parce qu’incapables d’y rayonner mais sachant profiter de ses bienfaits. Libres d’y nuire, ils dénient à ceux qui les entourent cette même liberté. Malfaiteurs de l’ombre, la lumière que recherchent ces traumatisés de la jouissance parviendra à les dessécher, les racornir un peu plus avant de les griller définitivement, au fur et à mesure qu’ils s’y exposeront gisants qu’ils sont au milieu du désert de leur pensée.
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Consternation

12 février 2020 § 2 commentaires § permalien

     Consternant ! Cette femme Coréenne qui, munie d’un casque de réalité virtuelle, mime les gestes de tendresse envers sa fille morte mais reconstituée et qu’elle croit voir en une sorte de dessin animé en trois dimensions. Abominable !
      Les mots me manquent, ou plus exactement deviennent trop violents, pour que je les articule. Désespérant ! Comment des techniciens peuvent-ils s’amuser à ce jeu macabre ? Atterrant ! Tout se passe comme si, n’ayant pas quitté le monde dans lequel ils ont pataugé depuis l’enfance, celui des jeux vidéos, ils poursuivent leur quête d’éternelle sottise. Pitoyable ! comment une mère peut-elle se laisser aller à ce simulacre d’existence ? Tragique ! 
       Qu’on ne me dise pas que je n’y entends rien, ou que cette supercherie participe du processus de deuil. J’ai perdu un fils et, ne serait-ce que pour sa mémoire, je ne m’abaisserai jamais à cette infamante tricherie, cette escroquerie. On ne fait jamais le deuil de son enfant.
     Mais que dire ? Je ne distingue ce soir que deux possibilités pour cette femme dont la souffrance est telle qu’elle se laisse aller aux pires extrémités. Elle deviendra dépendante, casque greffé, droguée à l’irréalité, ou se suicidera pour rejoindre son enfant d’immatérielle apparence. Quoi qu’il en soit, sa raison l’a déjà abandonnée. 
     Quant aux promoteurs de cette abomination, je leur suggère de la tester eux-mêmes en ne vivant désormais que de cette façon. Manger, aimer, respirer, etc. virtuellement. Ils comprendront peut-être qu’on ne peut jouer innocemment avec la vie.

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Patinage artistique

6 février 2020 § Commentaires fermés sur Patinage artistique § permalien

Apprenti patineur – photo personnelle
     Si j’osais je titrerais ce billet « Badinage artistique », mais ce serait indécent face à la souffrance subie par les enfants, apprentis patineurs et surtout patineuses, de la part d’un salaud qui les viola et d’un tartufe fermant les yeux. Pour ces derniers sans doute, n’était-ce qu’un badinage sans se soucier des conséquences, obsédés qu’ils étaient, pour l’un par son plaisir à satisfaire, pour l’autre par le confort de son trône. 
     Le premier, Gilles Beyer, ose s’excuser auprès de Sarah Abitbol ! Ferait mieux de se taire, comme le disait dernièrement avec plus d’élégance le général en chef de Notre-Dame dont l’autre, président de la FFSG, Didier Gailhaguet, a dû s’inspirer en fermant sa gueule, preux chevalier champion du double axel, qui vient de lamentablement s’étaler en accusant Marie-George Buffet pour se dédouaner. Manque pas d’air le sournois. Un vrai chef courage-fuyons. Fuir, mais sans démissionner. Faudrait pas que Roxana Maracineanu exagére tout de même. 
     Ces deux misérables sont méprisables, mais ce ne sont pas les seuls car c’est à qui sera le premier à dire qu’il ignorait tout. Qui plus est ils sont tous menteurs ! À croire que Dolos et Apaté se sont accouplés pour enfanter ces nouveaux pantins, traitres et malfaisants comme des Pseudologoi à qui Zeus donna la vie sans réfléchir, dont on n’a jamais su le nombre et qui semblent de nos jours s’éparpiller comme autant de grains de poussière nocive. Il serait temps de faire le ménage.
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L’âge pivot, une sottise

17 décembre 2019 § Commentaires fermés sur L’âge pivot, une sottise § permalien

Louis-Léopold Boilly – Les amateurs de tableaux – 1823 – lithographie au crayon – NGA
17 décembre 
     Si pour les chrétiens la Pentecôte est la descente, l’effusion, le souffle de l’Esprit Saint décoiffant les apôtres, la nomination d’un ministre est très loin d’en être l’équivalent pour une équipe gouvernementale plus préoccupée de jactance prêtant à rire ou à déprimer, que par la diffusion de la bonne parole. 
     La date pivot suggérée par le premier d’icelle est une sottise de plus à mettre à l’actif de ces politiques qui n’en sont pas à quelques gourdes près, amateurs s’il en est dans leur comportement. 
     Si avant-hier je déclarai que cet âge pivot de 64 ans (1) pour un départ à taux plein ne s’appliquerait qu’à ceux nés après 1975, je fis erreur, puisqu’une lecture plus attentive des mesures envisagées, démontre que cette date concernerait également de manière progressive ceux nés à partir de 1960. Mea culpa, mea maxima culpa, pour rester dans la phraséologie chrétienne, bien que je suggérai d’en discuter. 
     Mais peu importe. Fixer un âge pivot en matière de retraite à points est une ineptie. Pour plusieurs raisons. 
     La première, alors que ce pivot butoir serait prétendument institué afin d’équilibrer les comptes, est que les boomers – comme les appellent dédaigneusement de jeunes crétins qui, vais-je leur apprendre, n’existeraient pas sans eux – arrivent à péremption et disparaissent progressivement les uns après les autres. Par ce seul fait les comptes seront d’aplomb naturellement, apurés et sans doute excédentaires. La natalité baissant étant compensée par l’apport de l’immigration. 
     La seconde est que cotiser par points permet de savoir exactement ce à quoi donne droit, à date donnée, les versements effectués. Or, si le fait de cotiser plus longtemps permet d’augmenter sa pension, nul doute que beaucoup seront tenter de poursuivre leur carrière, différer une mise au rebut parfois mal vécue. La pénibilité étant toujours prise en compte avec l’âge légal de 62 ans intangible – et pourquoi pas revenir à 60 ans grâce à la négociation ? – tout comme la valeur du point, ces deux marqueurs de justice inscrits dans la constitution. 
     D’autant que, et il s’agit-là de la troisième raison, malgré une éventualité de perte d’emploi, donc de chômage, due au manque de savoir-vivre du patronat, tous les jobs, petits boulots – travail effectué pour survivre, si déclaré – seront soumis à versement de points. N’oublions pas qu’actuellement une majorité de retraités – et parmi celle-ci ceux-là même qui s’arrêtent pour cause de fatigue – recherche et trouve des emplois d’après retraite, rémunérés sous condition, pour lesquels chacun cotise… bénévolement, quand ces emplois ne sont pas au noir, puisque ces cotisation ne rapportent rien, toute retraite liquidée devenant définitive et intangible, au contraire de l’affirmation désinvolte de la porte-parole du gouvernement. 
     Il y a sans doute d’autres détails qui m’échappent et ne nie pas que ce système peut désavantager dans un premier temps les quelques nantis du service public. Mais à terme tous ces avantages disparaîtront car devenant insupportables à la collectivité, intolérables, impensables aux esprits épris de justice. Ou seront légitimement compensés par la négociation pour les professions qui perdent trop eu égard à l’existant. L’évolution d’une société passe par une vision claire de l’avenir et non par l’inconséquence de l’amateurisme des gouvernants.
 
(1) Addenda : L’âge pivot est une véritable escroquerie dans la mesure où il pénalisera ceux qui ont atteint, avant 64 ans, leur nombre de trimestres cotisés  puisqu’ils subiront une décote définitive de 5 % par année anticipée de départ malgré l’âge légal de 62 ans, qui devient de facto une vue de l’esprit. Si j’ai bien compris, car, comme l’affirmait Boileau,  » Selon que notre idée est plus ou moins obscure, l’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure. «  Mais nous sommes loin d’un art poétique quelconque dans ces négociations sociétales.
 
 
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Avantages de la retraite à points

15 décembre 2019 § Commentaires fermés sur Avantages de la retraite à points § permalien

15 décembre 
     Noël approche et les grévistes acharnés à s’opposer à la réforme des retraites menacent de poursuivre le mouvement, faisant craindre l’impossibilité pour beaucoup de se réunir en famille ou de partir en vacances. Dans la lutte des classes le Père Noël n’existe pas, et on se moque bien du P’tit Jésus. 
     Que reproche-t-on d’ailleurs à cette réforme ? Pour les uns, majoritairement du secteur public, la perte d’avantages, qu’ils ne perdront pas puisque ne s’appliquant qu’aux nouveaux venus, pour d’autres le report d’un départ après 64 ans, qu’une majorité ne subira pas puisque uniquement à l’usage de ceux nés à partir de 1975. Or il est amusant de constater que les seuls qui devraient manifester leur mécontentement, ceux qui précisément bénéficieront des avantages de la retraite à points, les salariés du privé, ne disent rien ou pas grand-chose. À croire qu’ils en ont compris les bienfaits, à la différence des réactionnaires syndicaux qui prétextent sa mise en pratique pour montrer qu’ils existent toujours. 
     Prenons un exemple. Je suis à la retraite. Je l’ai prise à 61 ans. Il était inutile que je continuasse à travailler ou pointer au chômage, je n’aurais rien gagné de plus à l’époque. Ma pension se divise en trois versements. L’un émanant de la CARSAT (régime général de la SS) et deux autres de l’AGIRC et de l’ARCCO (régimes complémentaires). Heureusement que pour ces deux derniers, dont les règles n’ont pas été modifiées, mes employeurs et moi-même avons cotisé sous forme de points, car en ce qui concerne le premier organisme, les cotisations versées, qui l’ont été toujours en fonction d’un salaire nettement supérieur au plafond annuel de la Sécurité Sociale, ne m’ont pas permis de bénéficier de l’intégralité des 50 % du salaire prévu par cette dernière institution. Grâce à Balladur qui modifia les paramètres en 1993. Une revalorisation systématique des salaires des meilleures années fut instaurée, réévaluation indexée sur l’inflation et non pas sur le salaire moyen de l’économie, avec pour conséquence une baisse d’un bon tiers de la retraite du régime général. Ce qui signifie un manque à gagner assez conséquent. Avec ce système toujours en vigueur, malgré un ralentissement de l’inflation, c’est la certitude pour tous les salariés du secteur privé de ne bénéficier que d’une pension réévaluée qui, même à taux plein, ne correspondra jamais à la moitié du salaire plafond du régime général. Le conseiller que j’avais rencontré à l’époque, qui s’offusqua de m’entendre dire qu’il s’agissait d’une belle escroquerie, me précisa qu’il était excessivement rare de verser une pension à taux plein correspondant à la moitié du salaire annuel du régime général. Tellement rare d’ailleurs qu’il n’avait pas eu encore l’occasion d’en calculer. 
     Une retraite par points obvie à cet inconvénient. À la seule condition de connaître la valeur du point qui doit, au minimum, compenser ad valorem les organismes payeurs actuels. Entre autres avantages, car il en est de non négligeables, celui d’accumuler des points, quel que soit l’employeur, public ou privé, et quel que soit le temps accompli à travailler, même une journée ou quelques heures, par exemple, ou encore une meilleure pension de réversion, la pénibilité mieux prise en compte, ou encore les avantages accordés dès le premier enfant … Quant à la date pivot, si je conçois que ce ne fut pas une excellente idée de l’intégrer au système, tout reste à faire au niveau des négociations pour la modifier, voire repousser son entrée en vigueur à plus tard. 
     Plus que manifester et réclamer le retrait du projet, les syndicats devraient donc s’atteler à discuter la valeur du point et son intangibilité et non engager une lutte d’arrière-garde, qui ne conduira qu’à mécontenter la majorité des salariés qui sont aussi les usagers exaspérés par une minorité obtuse car accrochée à des prérogatives d’un âge révolu. Il est grand temps d’évoluer. 

     Lu ce matin dans l’ouvrage de L. Meschinet de Richemond, archiviste de la Charente Inférieure, ainsi nommée jusqu’en 1941, datant de 1906 retraçant la vie des marins rochelais, réédité en 1983 par les éditions Rumeur des Âges, au chapitre concernant Jean Guiton, marin hors pair avant d’être le maire obstiné et résistant, que la population de La Rochelle, avant le siège de 1627-1628 organisé par Louis xiii et Richelieu pour soumettre les huguenots, avoisinait celle de Bordeaux ou Marseille. Après la reddition des rochelais sur les quelque 28 000 habitants, 23 000 étaient morts de faim. C’est dire si l’on faisait peu de cas, comme toujours, des êtres humains. C’est dire aussi si l’entêtement est parfois préjudiciable au bien commun.

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