L'Echo du Plumier | le blogue du pikecanthrope

Ralentis, ça monte !

La voiture du futur – Photo Stephan Kühn – Wikipédia

« Il est l’heure, braves gens roulez en paix, tout est calme, les vieux veillent. »

Tout est calme, en effet, et le sera plus encore avec ces vieillards avant l’âge qui nous gouvernent. Vieillis avant l’âge sous le harnais des équations, du pouvoir et de la réalité ignorée.

À quoi reconnaît-on les vieux ? Au ralentissement de leurs fonctions, à leur démarche lente, à leurs projets restreints, à leur vie cloitrée dans un monde à part.

Or demain, lorsque les voiturettes sans permis doubleront allègrement les Porche, Ferrari et autres bolides, lorsque les mobylettes feront la course avec nos coupés, lorsque même les cyclistes dans une descente rivaliseront avec les berlines sur nos routes limitées à 80 km/h grâce à l’absurdité de ces psycho-rigides, demain nos déplacements vous seront un modèle du couloir d’un hospice.

Limiter la vitesse en prétextant sauver quelque 350 vies sur les 3693 personnes qui ont perdu la leur l’an dernier au volant, c’est tout d’abord profondément injuste pour les 3343 laissées pour compte qui disparaîtront malgré l’abaissement de la vitesse, mais c’est aussi reconnaître que cette limitation ne servira à rien ou à pas grand chose, puisque l’on se satisfait de les comptabiliser malgré tout comme inévitables.

Le risque zéro n’existant pas, l’unique solution est l’interdiction définitive de la voiture. Voilà le véritable remède à l’éradication de ces morts violentes.

Quant au reste, tout est fallacieux dans les arguties développées sous les lambris vernissés des salons par des neurones précocement séniles à l’origine du projet, le seul sentiment prédominant est le rançonnement pur et simple de l’automobiliste, alors que celui de la compassion pour les décès n’étant qu’un biais cognitif à l’intention de quelques tartufes, fiction pour se donner bonne conscience.

Mais inutile de développer plus avant, d’affirmer qu’il y aura toujours des morts au volant, quoi que l’on fasse, mais que leur diminution constante depuis 1972 (16945 cette année-là) est due aux progrès techniques des véhicules, à l’amélioration des routes, à la suppression des zones dangereuses, à l’éducation des chauffeurs, à leur sobriété, à une prise de conscience quasi collective de mourir inutilement, ils ne croiront rien et continueront de militer pour abaisser toujours plus cette vitesse qui les effraie.  » Rouler moins vite c’est sauver des vies  » disent-ils ; ne pas rouler du tout serait plus efficace.

Nul ne parviendra à convaincre ces escargots. Les vieux ont aussi ce désagrément d’être sûrs de leur fait, et, imbéciles comme pas un, ne changent jamais d’avis.

 » Allez, c’est l’heure, roulez en paix braves gens, tout devient calme, les vieux veillent.  »

8 mars 2018  Commentaires fermés sur Ralentis, ça monte !

Fromet, bouffon vulgaire

On dirait un criquet armé d’une guitare ; ainsi se présente le prétendu comique Frédéric Fromet. Un bouffon vulgaire.

Autour de lui quelques crétins riaient de ses inepties. Ils l’ont même applaudi à la fin de son couplet. Ce n’était pas Aristophane, il faut vivre avec son temps, tout au plus du sous Dieudonné, en plus lourdingue si faire se peut. De l’humour noir ! a défendu la patronne de France inter. Une sornette ajoutée à celles de l’insecte. Atterrant !

On peut rire de tout, bien sûr, à condition que le talent guide l’ironie. Ainsi que la décence. Rire de la mort d’un homme, fût-il le matador Ivan Fandino victime d’une cornada, est non seulement honteux mais surtout la marque d’une imbécillité propre à nos déviances intellectuelles et sociétales.

Que voulez-vous que je rajoute ? En cette époque où la raison nous abandonne, où les bonnes âmes pétitionnent pour la moindre bestiole, où l’on s’émeut de la bête et rarement de l’humain, où il est de bon ton de mugir avec plus de trémolos que vache qui vêle à la vue d’une escalope de veau, à trop encenser la nature on se fourvoie dans des considérations pseudo-philosophiques, voire poétiques, qui nous éloignent de toute réalité. La béatitude annihile tout discernement.

Quoi que vous en ayez, et je me fous bien de savoir si la corrida doit ou non perdurer, je pleurerai toujours la mort d’un homme et jamais celle du fauve, quand bien même je puisse le considérer avec l’admiration et le respect qui convient, c’est à dire à sa place et non à celle de l’humain.

27 juin 2017  4 Commentaires

Le débat Macron-Le Pen

Le débat – Capture d’écran

Nous le savions, Mme Le Pen est nulle et n’a rien à dire, sinon des invectives.

Le débat entre elle et E. Macron nous fit songer à ces jeux de rôle inventés pour exercer, former, aguerrir les élèves des grandes écoles ou les cadres en entreprise. Lorsque l’un des deux protagonistes ne sait pas quoi dire, méconnaît ses dossiers, a mal assimilé le rôle qu’il doit jouer ou, au contraire, doit le jouer ainsi pour entraîner celui d’en face à répondre, son refuge, ou sa tactique, est le baratin, le verbiage, les boniments, afin de parasiter l’expression de l’autre, tenter de le déstabiliser.

C’est alors un festival de mimiques, de sourires, de gesticulations, de non-réponses, d’attaques, de critiques, de mensonges auxquels il est difficile de répondre sinon par une perte de temps à rétablir la vérité en négligeant par la force des choses ses arguments.

E. Macron l’a fort bien résumé en traitant la candidate du FN de parasite.

Vérité à double sens d’ailleurs, tout autant sur le plan social que sur son attitude face à lui.
Le drame est qu’il ne s’agissait nullement d’un jeu de rôle, mais de débattre réellement sur les propositions du futur représentant ou représentante de la France.

Ne pas le comprendre ou faire en sorte de rabaisser la fonction en cabotinant et faire le pitre pour masquer son indigence et la vacuité de sa pensée, prouve, s’il en était encore besoin, l’incapacité de Mme Le Pen à gérer quoi que ce soit, sinon son seul intérêt, mais certainement pas une nation. La France n’est pas un cirque où les clowns gouverneraient et ne mérite pas cette auguste sans talent ni dignité.

La France ne mérite pas non plus cette multitude d’électeurs qui l’applaudissent et nous leur disons, abusés qu’ils sont par les pantomimes de la bouffonne, d’ouvrir les yeux et comprendre qu’ils ne se respectent pas eux-mêmes en la choisissant pour héraut de leurs revendications. S’acoquiner avec la honte la fait rejaillir sur soi.

De ce débat nous ne retiendrons qu’une chose : E. Macron sera, dimanche soir, le nouveau président de la France. Et c’est tant mieux.

4 mai 2017  Commentaires fermés sur Le débat Macron-Le Pen

Racolage à Villepinte

Faut-il rappeler à Mme Le Pen, dite Marine, si soucieuse de culture française et d’honnêteté intellectuelle — si ce n’est d’une autre que cette dernière — la locution proverbiale selon laquelle qui vole un œuf, vole un bœuf ? Fondement de toute récidive selon elle.

Qui pompe un discours un jour, pompe donc toujours. À moins de citer ses références. Ce que la Marine nationaliste ne fit à Villepinte où, pendant de longues minutes elle débita, mot pour mot sur l’air de prêcheuse biblique qu’on lui connaît, les phrases de M Fillon, elles-mêmes tirées d’un livre commis par un nommé Coûteaux.

Mais non, se récrient avec un bel ensemble les caniches de service, ce n’est pas un plagiat, rien qu’un petit emprunt, un clin d’œil.

Un emprunt ? Il faut toujours rembourser ses dettes, petites ou grandes, d’une façon ou d’une autre. C’est fait, aujourd’hui, dans le ridicule.

Un clin d’œil ? Mais alors, Le Pen, dite Marine dans le milieu, tapine, racole, retape. Nous n’en doutions d’ailleurs pas, avec le résultat maigre que l’on sait. Deux ou trois prétendus gaullistes qui sont au gaullisme ce que les égouts sont à la source. C’est tout !

Quant au reste, l’histoire retiendra que, qui vole un œuf pouvant fort bien voler un bœuf, l’impétrante le faisant d’un discours pourrait fort bien le faire de tout autre chose, surtout lorsqu’on tient les cordons de la bourse. Ce, qu’à Dieu ne plaise, ne lui arrive jamais.

Il n’est que de constater ses démêlées au parlement européen.

2 mai 2017  Commentaires fermés sur Racolage à Villepinte

Internet, mur du lamentable

Rodin – Le Penseur

Toute critique est non seulement utile mais nécessaire, à condition qu’elle soit constructive. Elle permet dialogue et amélioration si ce n’est conviction.

Mais à lire celles qui envahissent internet à l’occasion de cette élection présidentielle, nous amène à nous interroger sur l’état de santé mentale de nombreux commentateurs.

De la vulgarité au mensonge, de la scatologie aux rumeurs infondées, de la méchanceté gratuite à la haine pure et simple, tout y passe. C’est effarant !

On accuse la presse, les médias, d’en rajouter. Ils informent, c’est tout, même si l’on peut regretter que certains reprennent un système en vogue au XIXe siècle, le feuilleton, afin d’appâter le lecteur pour vendre leur prose, la plupart, si ce n’est la majorité, se bornent à décrire les faits. Les autres désinforment.

En réalité nous croyons que les réseaux, dits sociaux mais que nous qualifierons plutôt de défoulement, sont les acteurs premiers de ce vaste café du commerce où s’activent tous ceux qui n’ont rien à dire, mais le disent, heureux qu’ils sont d’épancher leur mal-être. Nous n’y sommes pas opposés, loin de là, mais faudrait-il encore que le discours s’accompagnât de tout ce qui justifie le dialogue, c’est à dire la pertinence du propos, le respect de l’autre, la justesse de l’expression, le style et l’orthographe ou encore l’esprit critique. Or, nous constatons que si chacun se pense politologue avisé ou fin polémiste, il n’y a guère de P.L. Courier ou de Jules Vallès parmi eux. Pour tout dire il n’y a plus, aujourd’hui, de véritables pamphlétaires ; uniquement de tristes bouffons qui ne savent vomir qu’invective, médisance, calomnie ou diffamation.

Sur ce mur des lamentations, ou du lamentable, qu’est devenu internet, nous n’y détectons que plainte égoïste, clabauderie, insanité, vacuité. Reflet enfin d’une société de l’immédiateté inepte.

Avant de s’exprimer, il serait bon que chacun sût pourpenser.

26 avril 2017  Commentaires fermés sur Internet, mur du lamentable

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