Ma coiffeuse, Quinte-Curce et Cicéron

20 septembre 2019 Commentaires fermés sur Ma coiffeuse, Quinte-Curce et Cicéron

Buste de Cicéron – Wikipédia
   Hier matin, séance chez ma coiffeuse. Dans le village n’existe aucun commerce. Hormis un cabinet d’infirmières et de kinés. Il faut aller au bourg voisin, et encore n’y trouve-t-on qu’une boulangerie, un bureau de tabac, deux garagistes, deux médecins, une pharmacie et pour quelques mois encore un salon de coiffure. Le maire dudit bourg n’a rien fait pour la retenir, refusant un permis de construire, alors que les propriétaires du local commercial où elle officie le veulent récupérer. Elle partira donc ailleurs dès le début de l’an prochain. 
   Pendant que j’attendais mon tour, sous sa main experte un anglais peu loquace devenant quasiment chauve, je pensais à son système de remise et me permis de lui affirmer qu’il n’était pas justifié d’offrir la onzième coupe de cheveux après les dix premières payées, quand bien même j’appréciais le geste. Précisant que toute peine méritait salaire et qu’offrir gratuitement une tâche revenait à la dévaloriser. Elle me répondit que les gens n’aimaient pas les remises. Ça ne les intéresse pas, même à moitié prix. Et puis, ajouta-t-elle en un sourire, ce n’est que la coupe, sa main d’œuvre, faisant payer tout supplément. 
   Mon anglais en bénéficia. C’était le numéro gagnant du jeu des ciseaux. Je ne sais s’il comprit tout ce que j’avais dit, mais il partit enchanté après avoir repris rendez-vous pour le mois suivant. Vivement l’année prochaine devait-il songer en sortant s’il la suit dans son futur salon. Et c’est ainsi que le commerce survit péniblement, que les compagnies aériennes font faillite en rognant les tarifs et que le temps s’écoule sans que l’on s’en aperçoive. 
  
   Spinoza, dans sa préface à son « Autorités théologique et politique », évoque la superstition et cite Quinte-Curce qui affirmait que « La superstition est le plus sûr moyen auquel on puisse avoir recours pour gouverner la masse. » 
   Il n’est pas une affirmation plus juste depuis toujours et particulièrement efficace en cette période de peur climatique totalement infondée. La nouvelle superstition c’est le grand Satan CO2, et l’infaillible parole du Pape est celle du Giec. Dieu étant le Climat devant lequel on se prosterne. Une cohorte d’apôtres diffuse la bonne parole qu’une sainte traversant les mers va porter pour convaincre les impies. 
 
   Retour de balade aujourd’hui les poches pleines de noisettes. Avec le vent violent de ces jours derniers elles tombent des arbustes et le chemin blanc derrière la maison en est jonché. Je m’arrêterais à chaque enjambée pour les ramasser si j’avais de plus grandes poches à mes pantalons. Je comprends les écureuils qui thésaurisent, c’est un fruit délicieux ; ils n’auront pas la peine de grimper dans les branches pour les cueillir, j’en ai laissé suffisamment pour plusieurs hivers. 
  
   Retour de balade donc et les nouvelles lues m’informent du procès Mélenchon, vous savez cet individu, victime de complots en tout genre, colérique, qui n’accepte pas d’être traité comme tout le monde. Et il ne l’est pas d’ailleurs, pas encore en tout cas, car n’importe quel quidam, après une comparution immédiate, aurait dormi en prison pour outrage à magistrat et agents s’il avait agi comme lui et ses comparses le firent lors de la perquisition des locaux du parti. À tout le moins se serait-il retrouvé en garde à vue. 
   Cicéron dans son traité des Lois, livre III, chapitre II, précise que « Il ne suffit pas que les citoyens soient soumis aux magistrats et leur obéissent, nous voulons aussi qu’ils les honorent et les aiment. » C’est peut-être beaucoup demander d’aimer un magistrat, surtout s’il vous condamne, mais tout au moins le respecter. Il ne fait qu’appliquer la loi que des députés ont approuvée. 
   Mélenchon devrait feuilleter Cicéron au lieu de relire son dernier bouquin quand des caméras le filment à l’Assemblée nationale, là où les lois sont justement votées.

 

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