Statistiques brutes

13 avril 2020 § Commentaires fermés sur Statistiques brutes § permalien

     Les conséquences respiratoires de la grippe font mondialement, selon les années, entre 290 000 et 650 000 décès selon les dernières estimations des différents centres d’observation, dont l’OMS. Le taux de mortalité le plus important s’observe dans les pays pauvres et notamment sub-sahariens, et dans nos pays concerne essentiellement les personnes âgées.

     En France les épidémies chaque année provoquent le décès de dizaine de milliers de personnes, la plupart âgées de plus de 70 ans et hébergées en maison de retraite. La plupart du temps, comme en 1958 ou 1969, le nombre de morts dépassant à chaque épisode les 25 000 et pour une population inférieure à celle d’aujourd’hui, l’indifférence est générale. La saison hivernale 2014 – 2015 fut particulièrement sévère avec plus de 18 300 décès. Dans l’indifférence générale. Les hivers suivants les morts oscillent entre 9 000 et 14 000. Toujours dans l’indifférence quasi générale. Pas de traitement, un vaccin annuel délaissé par une majorité de nos compatriotes.

Le virus du Sida, depuis 1920, provoqua la mort de 36 millions de personnes et le double de contaminées. Toujours dans l’indifférence générale, d’autant que le mode de transmission est différent. Pas de traitement, pas de vaccin.

     Toutes choses étant égales par ailleurs, l’épidémie du Covid-19 (pas de traitement, pas de vaccin) de cette année n’est guère plus agressive qu’un virus grippal, et pourtant les décisions prises dans l’affolement général, la panique, auront permis de ruiner l’économie, raboter les libertés et pas même minimiser les conséquences.

     Le tableau ci-joint (Lien ICI ) compare à ce jour la situation dans différents pays. J’ai volontairement omis la Chine, non significative à cause de sa duplicité. Je n’ai pas analysé non plus l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Australie. J’ai fait en sorte que la somme des populations des États européens sélectionnés approche celle des USA. J’ai également comparé la situation de la Suisse, du Canada et du Royaume Uni. Les chiffres des contaminations et des décès sont issus de la base de données du « Dashboard by the Center for Systems Science and Engineering (CSSE) at Johns Hopkins University (JHU) » (lien ICI à visionner les chiffres évoluant chaque jour). Chaque état comptabilisant différemment, on peut noter certains biais statistiques qui restent cependant mineurs.

     Et l’on constate que malgré le matraquage continue des médias, les USA ne sont pas le pays le plus martyrisé, que les pays qui n’ont pas pratiqué de confinement ou un confinement léger ne sont pas les plus touchés et que d’une manière globale les pourcentages observés sont, à l’heure actuelle et sans plus présager, relativement dérisoires en regard des populations et assez proches les uns des autres au vu de leur petitesse.

     Il eût été nécessaire de conserver une certaine présence d’esprit avant de décider de mesures drastiques. Mesures que je comprends émanant du corps médical mais disproportionnées de la part de gouvernants en charge de populations. Le ratio bénéfice/risque étant déséquilibré eu égard à l’ensemble de la collectivité.

     Et sans être grand devin je peux prédire que le confinement, absurdement, va se poursuivre. L’épineuse question de sa sortie créera évidemment d’autres discriminations injustifiées.

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Le connard et le merluchon

29 mars 2020 § Commentaires fermés sur Le connard et le merluchon § permalien

Le Dictateur – Charlie Chaplin

Les théories du complot accompagnées de relents racistes fleurissent en ce printemps particulier. On peut lire sur le sujet l’article de lemonde.fr qui m’inspira, plagiant sans son talent La Fontaine, cette courte fable.

Le connard et le merluchon

Maître Collard ayant perdu ses ailes
À la barre plein de haine éployait son zèle
Afin de braconner quelques fidèles.
Un Mélenchon par ces appâts ferré
Voulant aussi sa lanterne éclairer
Lui débita ce langage à peu près :
« Hé ! bonjour mon beau populiste
Pourriez-vous, d’une liste,
Me dire ce qu’il en est
De tous ces juifs et autres complotistes
Afin que je les puisse accuser
De rechercher, grâce au virus,
Une victoire à la Pyrrhus ? »
L’autre bavard soudainement flatté
Sa gueule ouvrant ainsi qu’à l’habitude
Égrène alors comme un vieux rabougri
La propagande hideuse à laquelle il souscrit.
Se rengorgeant de cette turpitude
Notre compère, heureux comme un pinson,
Reprit l’antienne à sa façon.

Les extrêmes ainsi par leur similitude
Dans la décrépitude et dans la boue pullulent
Comme autant de virus infectant nos cellules.

 

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Coronavirus, parlons-en

15 mars 2020 § 2 commentaires § permalien

Coronavirus COVID-19 Global Cases by the Center for Systems Science and Engineering (CSSE) at Johns Hopkins

Parlons chiffres ce soir. Parce qu’il y a des décisions qui me surprennent, l’analyse des contaminations au coronavirus et les décès qu’il entraîne, laissant planer le doute sur leur pertinence.
     En France nous avons au soir du 14 mars 4 511 malades répertoriés et 91 décès. Ramenés au nombre d’habitants, les pourcentages sont donc les suivants :
– contaminés : 0,0067 % de la population (pourcentage en augmentation par rapport à celui d’hier de 0,0044 %)
– décès : 2,02 % des contaminés (pourcentage en baisse par rapport à celui d’hier de 2,12 %). Soit 0,00014 % de la population  (98 % de guérison)
     Sur le plan mondial, les décès se montent à 5 065 pour 137 456 cas. Soit :
– contaminés : 0,00196 % de la population mondiale
– décès : 3,685 % des cas ou 0,000072 % de la population
     Ce qui, convenons-en, n’est pas plus effrayant qu’une épidémie quelconque de grippe, de gastro-entérite ou de rougeole. D’autant que nombre d’individus porteurs asymptomatiques ne sont pas intégrés dans les statistiques ci-dessus, pour la bonne raison qu’ils ne savent pas qu’ils sont infectés. Ce qui modifierait les pourcentages, augmentant les contaminés mais baissant celui des décès.
     Cela étant, des statisticiens ont prévu, pour la France, une fourchette de 300 000 à 500 000 morts à terme si aucune mesure n’est prise (modélisation de Neil Ferguson, épidémiologiste). Ce qui me paraît disproportionné eu égard à ce que l’on constate en Chine où l’épidémie semble régresser, si les chiffres sont correctement révélés, après une contamination à ce jour de 81 003 personnes et 3 203 décès pour une population de 1,5 milliard.
     Il serait nécessaire que l’on m’expliquât ce différentiel qui ne laisse pas d’inquiéter ou de faire sourire selon le degré d’optimisme que l’on arbore puisque l’on sait que le virus incriminé n’a pratiquement pas muté, ou infiniment peu. À moins que les quarantaines sévères qui furent mises en place là-bas aient porté leur fruit. Auquel cas il convient de respecter les nôtres.
     Lorsque j’entends le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, annoncer que les hôpitaux parisiens n’ont jamais été confrontés à un phénomène d’une telle ampleur je me dis que sa mémoire est défectueuse ou qu’il participe à l’effet de panique que les dirigeants du monde entier déclenchent par leurs gestions de crise. Résultat d’un engrenage dans lequel tout le monde se laisse prendre. La panique engendre des comportements erratiques.
     Et je crois que si nous n’avions rien fait, peut-être que les chiffres que je citais plus haut n’eussent été guère différents à quelques cas près, et non dramatiques comme le laisse entendre l’oiseau de mauvais augure Neil Ferguson. Nous verrons dans quelques jours si mes propos sont confirmés ou infirmés par l’actualité. D’une manière générale les épidémies virales ont une vie en forme de courbe de Gauss ; ça monte, ça se stabilise, ça redescend (exactement comme celle de la Corée du Sud qui débute sa descente). L’immunisation s’opérant lorsque le nombre de contaminés résistants ne permet plus au virus de se propager, soit aux environs d’une moitié de population. D’ailleurs en laissant proliférer le virus sans doute serions-nous parvenu à ce stade plus rapidement sans avoir à subir les conséquences non seulement économiques, mais également sociétales que nous constatons et qui n’ont pas fini de générer des ondes de choc destructrices.
     En tout cas nous sommes encore loin des grandes épidémies du siècle passé aux centaines de milliers de morts… uniquement entre les frontières de l’hexagone. Faisant preuve de cynisme, une centaine de morts actuellement ce n’est pas, en espérant que ça dure, une aubaine pour les sociétés de pompes funèbres dont les actions ne compenseront pas à la hausse les baisses boursières de ces derniers jours.
     À propos des frontières et de cette manie inutile de vouloir les fermer, j’en reparlerai un autre jour, car pour l’instant je dois aller cadenasser le portail, ajouré, du jardin, pour éviter la contamination que mes voisins seraient susceptibles, badins qu’ils sont, de me transmettre.
     Lavez-vous les mains et vous vous porterez bien.

Billet écrit le 14 mars. La France compte ce soir 15 mars 120 décès pour 5400 cas (eficiens) soit 2,2 % – ce qui reste stable et dénote toujours 98 % de guérisons.

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Se masturber, et alors ?

15 février 2020 § Commentaires fermés sur Se masturber, et alors ? § permalien

Diogène de Sinope – Jules-Bastien Lepage – 1873
     Diogène de Sinope, dit le Cynique, avait montré la voie, prônant la masturbation. J’avais sur mes vingt ans écrit une chanson à sa gloire. 
     Aujourd’hui comme tout le monde j’ai tenté de voir la vidéo que la majorité applaudit, tandis que quelques Tartuffe s’en offusquent, le grand prêtre de ces imposteurs, dindon avec son étole rouge comme une caroncule, Christophe Barbier. 
     J’ai cherché mais n’ai pas trouvé, abandonnant au bout de quelques instants, essentiellement parce qu’après tout cela relève d’un acte totalement privé et qu’il m’eût été désagréable, avouai-je, d’en pâtir si celle avec qui j’ai pratiqué, il y a déjà longtemps maintenant, ce légitime et audiovisuel partage d’un plaisir différent avait eu l’indélicatesse, la méchanceté, la perversité d’en divulguer la beauté intemporelle. Ou tout autre scélérat ayant eu entre ses mains l’objet du délit, se l’étant procuré malhonnêtement ou non : l’enregistrement de la performance. 
   Je nomme performance ce qui le devient pour moi dorénavant pour des raisons que j’expliciterai plus bas, et non performance artistique comme ose se prétendre le prétendu praticien à l’origine du scandale, qui, pour sa part, n’hésite pas non plus à se dénuder pour, au choix, se couper un lobe d’oreille, dormir dans un rouleau de barbelé, se clouer un testicule devant le Kremlin ou encore allumer des incendies. Bref, des œuvres mineures et sans aucun intérêt qu’il devrait parachever triomphalement par un véritable chef-d’œuvre digne d’un artiste de son niveau, imiter les bonzes qui s’immolèrent par le feu. 
     Venons-en aux explications que j’évoquais précédemment. Je ne sais si c’est l’âge, la prise d’antidépresseurs depuis la mort de mon fils ou d’autres causes médicales, il me devient difficile d’imiter le jeune Griveaux. Heureux homme à l’excellente santé tant physique que mentale qui peut encore non seulement bander mais éjaculer voire procréer, ce ne sont pas des moqueries que je t’adresse mais mon admiration la plus sincère, mes encouragements à poursuivre et à faire fi des critiques vulgaires de celles et ceux qui ne comprendront jamais rien, non seulement à la beauté du sexe, mais surtout à sa nécessité. Et qui, au nom de la morale se permettent de donner des leçons. 
     Plus que de tristes pantins, ce ne sont que sinistres émasculés, crapules sapant, ébranlant l’architecture démocratique qu’ils haïssent parce qu’incapables d’y rayonner mais sachant profiter de ses bienfaits. Libres d’y nuire, ils dénient à ceux qui les entourent cette même liberté. Malfaiteurs de l’ombre, la lumière que recherchent ces traumatisés de la jouissance parviendra à les dessécher, les racornir un peu plus avant de les griller définitivement, au fur et à mesure qu’ils s’y exposeront gisants qu’ils sont au milieu du désert de leur pensée.
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L’âge pivot, une sottise

17 décembre 2019 § Commentaires fermés sur L’âge pivot, une sottise § permalien

Louis-Léopold Boilly – Les amateurs de tableaux – 1823 – lithographie au crayon – NGA
17 décembre 
     Si pour les chrétiens la Pentecôte est la descente, l’effusion, le souffle de l’Esprit Saint décoiffant les apôtres, la nomination d’un ministre est très loin d’en être l’équivalent pour une équipe gouvernementale plus préoccupée de jactance prêtant à rire ou à déprimer, que par la diffusion de la bonne parole. 
     La date pivot suggérée par le premier d’icelle est une sottise de plus à mettre à l’actif de ces politiques qui n’en sont pas à quelques gourdes près, amateurs s’il en est dans leur comportement. 
     Si avant-hier je déclarai que cet âge pivot de 64 ans (1) pour un départ à taux plein ne s’appliquerait qu’à ceux nés après 1975, je fis erreur, puisqu’une lecture plus attentive des mesures envisagées, démontre que cette date concernerait également de manière progressive ceux nés à partir de 1960. Mea culpa, mea maxima culpa, pour rester dans la phraséologie chrétienne, bien que je suggérai d’en discuter. 
     Mais peu importe. Fixer un âge pivot en matière de retraite à points est une ineptie. Pour plusieurs raisons. 
     La première, alors que ce pivot butoir serait prétendument institué afin d’équilibrer les comptes, est que les boomers – comme les appellent dédaigneusement de jeunes crétins qui, vais-je leur apprendre, n’existeraient pas sans eux – arrivent à péremption et disparaissent progressivement les uns après les autres. Par ce seul fait les comptes seront d’aplomb naturellement, apurés et sans doute excédentaires. La natalité baissant étant compensée par l’apport de l’immigration. 
     La seconde est que cotiser par points permet de savoir exactement ce à quoi donne droit, à date donnée, les versements effectués. Or, si le fait de cotiser plus longtemps permet d’augmenter sa pension, nul doute que beaucoup seront tenter de poursuivre leur carrière, différer une mise au rebut parfois mal vécue. La pénibilité étant toujours prise en compte avec l’âge légal de 62 ans intangible – et pourquoi pas revenir à 60 ans grâce à la négociation ? – tout comme la valeur du point, ces deux marqueurs de justice inscrits dans la constitution. 
     D’autant que, et il s’agit-là de la troisième raison, malgré une éventualité de perte d’emploi, donc de chômage, due au manque de savoir-vivre du patronat, tous les jobs, petits boulots – travail effectué pour survivre, si déclaré – seront soumis à versement de points. N’oublions pas qu’actuellement une majorité de retraités – et parmi celle-ci ceux-là même qui s’arrêtent pour cause de fatigue – recherche et trouve des emplois d’après retraite, rémunérés sous condition, pour lesquels chacun cotise… bénévolement, quand ces emplois ne sont pas au noir, puisque ces cotisation ne rapportent rien, toute retraite liquidée devenant définitive et intangible, au contraire de l’affirmation désinvolte de la porte-parole du gouvernement. 
     Il y a sans doute d’autres détails qui m’échappent et ne nie pas que ce système peut désavantager dans un premier temps les quelques nantis du service public. Mais à terme tous ces avantages disparaîtront car devenant insupportables à la collectivité, intolérables, impensables aux esprits épris de justice. Ou seront légitimement compensés par la négociation pour les professions qui perdent trop eu égard à l’existant. L’évolution d’une société passe par une vision claire de l’avenir et non par l’inconséquence de l’amateurisme des gouvernants.
 
(1) Addenda : L’âge pivot est une véritable escroquerie dans la mesure où il pénalisera ceux qui ont atteint, avant 64 ans, leur nombre de trimestres cotisés  puisqu’ils subiront une décote définitive de 5 % par année anticipée de départ malgré l’âge légal de 62 ans, qui devient de facto une vue de l’esprit. Si j’ai bien compris, car, comme l’affirmait Boileau,  » Selon que notre idée est plus ou moins obscure, l’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure. «  Mais nous sommes loin d’un art poétique quelconque dans ces négociations sociétales.
 
 
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