César et compagnie

10 mars 2020 § Commentaires fermés sur César et compagnie § permalien

Capture d’image – Trismus forestien aux César 2020
     La réaction de Lambert Wilson à propos de l’attitude déplorable de quelques actrices lors de la récente cérémonie des César, ce compagnonnage mondain à l’usage de cabotins, me paraît totalement fondée, tout comme celle de Fanny Ardant. Outre le fait que Roman Polanski, quoi qu’on dise, fut condamné aux USA, purgea la peine qui lui fut infligée suite au pernicieux plaider-coupable qui prévaut là-bas, comme au Japon, et ne vint en France que pour échapper au parjure d’un procureur, son œuvre, de plus, est d’une autre teneur que les parcours insignifiants des deux ou trois personnes incriminées et notamment de l’animatrice à la prestation insane vis à vis du réalisateur. À ce compte il ne faut plus lire Victor Hugo, pour n’en citer qu’un, et s’apitoyer sur le sort de Cosette qui, si elle n’avait été héroïne de fiction mais bien vivante, eût été harcelée, voire violentée par le grand homme tant adulé qui n’hésitait pas à faire dormir ses soubrettes près de sa chambre pour mieux les avoir à disposition. 
     Minable s’il en fut, Florence Foresti, sans talent abusant de turlupinades, pour qui se moquer du physique des autres fait office d’œuvre d’art, ne sut que bêtement grimacer déclenchant les hennissements charitables du troupeau parqué de zèbres enrubannés, m’as-tu-vu devant qui elle se contorsionnait, confondant humour et mimique pathologique, risus sardonicus, rictus provoqué par l’absorption d’une renoncule toxique, ou trismus dû au tétanos, précoce symptôme qu’elle affichait à l’évocation dénuée de finesse de celui que la soirée consacra ensuite. D’ailleurs, lors de la proclamation du résultat des votes, elle quitta inopinément la scène sans doute pour tenter de soigner ses contractions musculaires devenus chroniques. D’autres pseudo-Némésis qui, la queue entre les jambes s’il m’est permis d’utiliser cette expression, métaphore canine du XVe siècle, sans que l’on y voit une quelconque allusion ou autre chose que le penaud qui se sauve après avoir perdu un combat, battirent en retraite, bras levé en bannière publicitaire, s’échappant par l’issue de secours. 
     Car, s’il y a des combats légitimes, ceux que la haine seule dicte ne sont pas tolérables. Je sais que je vais m’attirer les foudres de ces nouvelles Wonder Woman en paillettes, outrancières et accusatrices, mais peu importe, je l’affirme, leur étroitesse de jugement m’importune et pire me révulse ; elles me font songer à ces furies qui, femmes du peuple assistant au supplice de la guillotine, venaient tremper leur mouchoir dans le sang du condamné. Au nom de quoi ? De la solidarité féminine peut-être. Plus sûrement de la haine et de la superstition inepte. 
     Comme pour tout crime, la seule personne qui pourrait éprouver un sentiment de vengeance à l’encontre du tortionnaire est celle qui en a subi le forfait et non celles et ceux qui s’imaginent présidents d’une cour populaire et arbitraire. Dans nos sociétés policées existe une justice respectueuse du droit de chacun et non complaisante, quoi qu’on pense. À condition que plainte fût déposée. Il suffit d’assister à quelques procès d’assises mettant en cause des violeurs pour s’en convaincre. À ce propos je lis que plus d’une centaine d’avocates s’émeuvent, dans une tribune qu’elles ont co-signée, de cette situation et disent non au « triomphe du tribunal de l’opinion publique », l’arbitraire étant à leurs justes regards contraire au droit. 
     « Nous sommes féministes mais ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme-là, qui érige une conflictualité de principe entre hommes et femmes » écrivent-elles, ainsi que cette affirmation que je partage sans réserve : « On se pique d’avoir à le rappeler, mais aucune accusation n’est jamais la preuve de rien : il suffirait sinon d’asséner sa seule vérité pour prouver et condamner. » 
     Tiens ! quelle divine surprise ! des féministes estimables.
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La loi du talion pour amuse-gueule

2 mars 2020 § Commentaires fermés sur La loi du talion pour amuse-gueule § permalien

Code de Hammurabi,
roi de Babylone – photo © 2009 RMN / Franck Raux
     Lorsque la justice populaire tente de substituer à celles de la République ses propres sentences, c’est que le déclin d’une société est proche. Mais le déclin ne signifie pas pour autant qu’une renaissance s’opérera immédiatement, qu’une sorte de regain, de résurrection d’après crise compensera ses comportements et l’engagera sur la voie d’une société nouvelle. La progression ne survient qu’ensuite, longtemps après que les errances, les exactions ont été disséquées, digérées pour être enfin absorbées, non pas en tant que telles, mais, comme des nutriments, élément par élément, après élimination des scories néfastes, comme autant de briques à assembler pour reconstituer la carcasse disloquée. Pour l’heure, et si je regarde les évènements actuels, je constate qu’il s’agit plus d’un retour au passé que d’un désir de progrès. Le peuple a faim de la loi du talion, son amuse-gueule. Le peuple ne croit qu’en son propre jugement. Il n’est que de lire les nombreux commentaires qui accompagnent tout article concernant le coronavirus, tant sur les théories du complot, les remèdes miracles ou le rejet non seulement des migrants mais également des autres venus de proches pays, voire de ses voisins de quartier surtout s’ils sont d’origine asiatique. Mais pas que ! 
     Les récentes polémiques à propos de la réforme des retraites en est un autre exemple. Il n’est pas ici temps d’analyser le sujet, je pense qu’il s’agit d’une bonne réforme, juste et bien plus avantageuse que le précédent système. Plutôt que la rejeter en bloc ou de tenter de saboter les débats par une inondation d’amendement, il eût été bien plus profitable de faire honnêtement d’utiles propositions. Au lieu de cela, chacun y va de ses vociférations pour le plaisir de la contradiction stérile et conserver ce qui lui apparaît comme un avantage qu’on tente sournoisement de lui soustraire. Le recours à l’article 49-3 de la constitution pour en adopter le principe va permettre aux mécontents de râler contre une solution qu’ils ont enfantée volontairement pour pouvoir précisément s’offusquer. L’inconscience de quelques opposants me laisse pantois, dont l’un, parlant pour ne rien dire, réclame la dissolution de l’assemblée. 
     Nous avions vécu ces incohérences à propos des récriminations des manifestants en gilets jaunes. Après qu’ils eurent obtenu la suppression de quelques hausses indues, le mouvement se poursuivit, d’autres doléances apparaissant spontanément et l’une d’entre elles, séditieuse au possible, réclamant la démission des élus de la République. Reflet d’une pensée démocratique inconséquente et dévoyée. Voire de sa totale absence, comblant cet état par le vide sidéral des multiples traitements proposés qu’on voulait que la constitution subît et notamment devenir cette démocratie participative inepte car ouvrant la porte aux errances législatives. 
     En matière de justice où les condamnations sont définitives, l’absence de jugement pour cause de prescription, et notamment lorsqu’il s’agit de viols, réels ou prétendus, devient intolérable pour celles et ceux qui n’eurent pas la volonté, le cran ou les moyens de déposer plainte aux moments des faits. Je les comprends. Ces enfants devenus adultes, ou l’étant au moment des faits, accusant sur le tard leurs bourreaux d’autrefois, ces féministes et actrices quittant bruyamment la salle où l’on vient de récompenser celui dont elles réprouvent les actes, que font-elles d’autre que vouloir remplacer la justice officielle par la leur au nom de leur douleur ou de leur compassion envers leurs semblables ? En rien je ne veux nier le traumatisme qui les poursuit, mais agir de la sorte c’est militer pour la loi du lynchage que, de plus, un ministre de la culture approuve en affirmant regretter l’hommage rendu. Nous touchons le fond ! Car, est-ce là le rôle d’un ministre que de se faire le porte-parole complice d’une sentence expéditive ? 
     Il n’est pas aisé de débattre d’un tel sujet. Au risque d’apparaître pour un infâme partisan du crime quand bien même il n’en est rien. Mais je constate que l’hystérie qui se développe à ce sujet prend une ampleur démesurée nuisible à tout raisonnement sensé, celles s’en réclamant devenant suppôts d’une justice infondée, métempirique, autour de laquelle le monde tourne, et ne comprenant ni tolérant qu’on puisse les contredire, agir à leur façon. 
     Ce ne sont là qu’exemples parmi tant d’autres auxquels il convient d’ajouter le sectarisme sous toutes ses formes, comme les condamnations sans nuances des ligues, clubs ou institutions de toute nature, au départ de louable intention, qui se fourvoient dans la condamnation systémique dès qu’un mot leur déplaît ou la fureur des fanatiques islamistes qui, semblables à leurs frères judéo-chrétiens d’autrefois, autant arriérés qu’eux, barbares, cruels, décadents, vont jusqu’à condamner à mort celles et ceux dont l’attitude, les paroles ou les actes sont en désaccord avec ce qu’ils ont décrété être la vérité. Un rien devient punissable de mort. 
     Dans « Mythologies » (Un ouvrier sympathique), Roland Barthes affirme avec raison que « …il y a beaucoup plus à attendre de la révolte des victimes que de la caricature de leurs bourreaux ». Car en effet, face aux ignominies de l’existence, il est nécessaire d’envisager des solutions plus que des condamnations devenues inutiles. 
     Les activistes ont ceci de particulier c’est qu’ils n’admettent en rien ce qui est contraire à leurs opinions, leurs dogmes, leurs rites. Aujourd’hui il y a quasiment autant d’activistes que de citoyens.
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Coronavirus, une sacrée peste

28 février 2020 § Commentaires fermés sur Coronavirus, une sacrée peste § permalien

Saint Roch faisant l’ aumône aux malades de la peste – Carrache – 1594 – Dresde, Gemäldegalerie, Alte Meister.

     Leur mère les a emmenés à Bali pour les vacances de février. Destination mieux adaptée pour une lune de miel que pour un séjour touristique en cette période virale. Bien que les photos que j’ai pu voir montrent là-bas l’absence totale de l’épouvante qui prévaut ici alimentée par les infos continues. L’album pourrait s’intituler « zénitude à Bali » tant les esprits paraissent méditer plus que s’émouvoir. Le voyage de retour cependant impose une escale à Singapour, en pleine épidémie ravageuse. Conséquence imprévue pour mes petits enfants, dès leur avion posé, l’école, le collège et le lycée leur seront interdits pendant quatorze jours. Astreints à un suivi médical. Défense de rencontrer copains et copines. Cours par correspondance ou par internet. Ils appellent cela une quarantaine. Très symbolique me semble-t-il puisque l’interdiction touche essentiellement la scolarité, les sorties du domicile étant autorisées en cas de nécessité. Nous sommes loin tout de même de la ville fermée, isolée comme celles de Chine et bientôt d’Italie ou celle imaginée par Camus à cause de la peste, titre de son roman, Oran où il situa l’action. Un mot à propos de l’histoire qui n’est qu’un prétexte, une métaphore pour lutter contre tout despotisme, je ne peux la lire sans songer que son intrigue est illogique et les péripéties superfétatoires tant un banal antibiotique de type cycline permettrait de ne pas aller au-delà du premier chapitre, la maladie se traitant sans aucune difficulté puisqu’elle n’est pas due à un virus mais à un bacille. En 1947, année de parution du bouquin, la peste brune, encore présente dans les mémoires, n’en finissait pas d’inquiéter. S’il avait choisi « La Grippe » pour titre cela n’aurait pas fait sérieux malgré les cinquante millions de morts que l’épidémie provoqua en 1918. Prendre quelqu’un en grippe n’a pas la même connotation que le fuir comme la peste, le sujet, alors, n’aurait plus eu de raison d’être. Comme quoi un chef-d’œuvre peut se bâtir en développant des erreurs scientifiques mais également sur la peur qu’engendre un simple mot. D’ailleurs rien ne change, de nos jours encore on agit vis à vis des contaminés du coronavirus (qui n’a pas la forme d’un cigare comme son nom tendrait à le faire croire aux fumeurs ou d’une bouteille de bière aux buveurs, mais d’une couronne) avec les mêmes ostracismes que vis à vis des pestiférés de jadis. 
      Bref, les mentalités n’évoluent pas. 
     En revanche il est des situations très explicites prouvant que les failles sont inéluctables. Commandant de bord, Olivier, mon fils, effectue bientôt un vol vers Bologne. En plein cœur de l’Italie. Une nuit d’hôtel prévue. Rien d’autre. Retour le lendemain comme si de rien n’était avec un avion plein comme un œuf. Pas de quarantaine. Pas de contrôles. Plaisantant, il a promis à sa mère de fermer à clef la porte du poste de pilotage. Quelle serait d’ailleurs la solution ? Supprimer tous les vols, tous les déplacements vers l’ailleurs ? Mettre les uns après les autres les habitants de la planète en vacances forcées ou, mieux, en quarantaine ? Qui contrôlerait à terme le respect strict de l’interdiction ? Bateaux, trains, voitures, vélos, trottinettes seraient remisés en attente de jours meilleurs. Chacun se repliant sur soi. L’économie en berne. La pénurie pour avenir. Les murs s’érigeant au rythme des morts. La punition divine pour les crédules.
     Les fascistes, dont la feinte naïveté masque les relents de leur pensée, qui réclament la fermeture des frontières me font doucement sourire. Parce que, qu’ils le veuillent ou non, toutes choses étant égales par ailleurs, ce n’est pas une murette autour de leur petite demeure, des barbelés ou des soldats en scaphandres, qui arrêtera quoi que ce soit. Les frontières sont virtuelles. Aussi devraient-il cesser de postillonner, ils contaminent inutilement leurs semblables du ridicule qui les font gesticuler. Il n’est que de constater la propagation de toutes les épidémies qui sévissent ponctuellement, qu’elles soient virales, intellectuelles ou sociales, malgré les mesures que l’on peut prendre. Le virus, mille fois plus petit et sournois qu’une bactérie, se faufile partout. Sur les poignées de porte ou à travers les fibres des masques avec la même célérité néfaste qu’une ineptie de Trump ou un krach boursier. Il y en a même qui pénètrent les cerveaux et les font divaguer. Et ce qu’il y a d’essentiellement différent avec la lutte contre la contamination due à une bactérie, c’est qu’il n’y a aucun remède, hormis la patience, contre celle d’un virus. Que la contagion soit biologique ou morale. Un vaccin, sans doute, allié des défenses immunitaires peut en atténuer les méfaits, malheureusement le seul qui existe contre la sottise nécessite des doses éducatives qui ne font pas l’unanimité.
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Se masturber, et alors ?

15 février 2020 § Commentaires fermés sur Se masturber, et alors ? § permalien

Diogène de Sinope – Jules-Bastien Lepage – 1873
     Diogène de Sinope, dit le Cynique, avait montré la voie, prônant la masturbation. J’avais sur mes vingt ans écrit une chanson à sa gloire. 
     Aujourd’hui comme tout le monde j’ai tenté de voir la vidéo que la majorité applaudit, tandis que quelques Tartuffe s’en offusquent, le grand prêtre de ces imposteurs, dindon avec son étole rouge comme une caroncule, Christophe Barbier. 
     J’ai cherché mais n’ai pas trouvé, abandonnant au bout de quelques instants, essentiellement parce qu’après tout cela relève d’un acte totalement privé et qu’il m’eût été désagréable, avouai-je, d’en pâtir si celle avec qui j’ai pratiqué, il y a déjà longtemps maintenant, ce légitime et audiovisuel partage d’un plaisir différent avait eu l’indélicatesse, la méchanceté, la perversité d’en divulguer la beauté intemporelle. Ou tout autre scélérat ayant eu entre ses mains l’objet du délit, se l’étant procuré malhonnêtement ou non : l’enregistrement de la performance. 
   Je nomme performance ce qui le devient pour moi dorénavant pour des raisons que j’expliciterai plus bas, et non performance artistique comme ose se prétendre le prétendu praticien à l’origine du scandale, qui, pour sa part, n’hésite pas non plus à se dénuder pour, au choix, se couper un lobe d’oreille, dormir dans un rouleau de barbelé, se clouer un testicule devant le Kremlin ou encore allumer des incendies. Bref, des œuvres mineures et sans aucun intérêt qu’il devrait parachever triomphalement par un véritable chef-d’œuvre digne d’un artiste de son niveau, imiter les bonzes qui s’immolèrent par le feu. 
     Venons-en aux explications que j’évoquais précédemment. Je ne sais si c’est l’âge, la prise d’antidépresseurs depuis la mort de mon fils ou d’autres causes médicales, il me devient difficile d’imiter le jeune Griveaux. Heureux homme à l’excellente santé tant physique que mentale qui peut encore non seulement bander mais éjaculer voire procréer, ce ne sont pas des moqueries que je t’adresse mais mon admiration la plus sincère, mes encouragements à poursuivre et à faire fi des critiques vulgaires de celles et ceux qui ne comprendront jamais rien, non seulement à la beauté du sexe, mais surtout à sa nécessité. Et qui, au nom de la morale se permettent de donner des leçons. 
     Plus que de tristes pantins, ce ne sont que sinistres émasculés, crapules sapant, ébranlant l’architecture démocratique qu’ils haïssent parce qu’incapables d’y rayonner mais sachant profiter de ses bienfaits. Libres d’y nuire, ils dénient à ceux qui les entourent cette même liberté. Malfaiteurs de l’ombre, la lumière que recherchent ces traumatisés de la jouissance parviendra à les dessécher, les racornir un peu plus avant de les griller définitivement, au fur et à mesure qu’ils s’y exposeront gisants qu’ils sont au milieu du désert de leur pensée.
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Consternation

12 février 2020 § 2 commentaires § permalien

     Consternant ! Cette femme Coréenne qui, munie d’un casque de réalité virtuelle, mime les gestes de tendresse envers sa fille morte mais reconstituée et qu’elle croit voir en une sorte de dessin animé en trois dimensions. Abominable !
      Les mots me manquent, ou plus exactement deviennent trop violents, pour que je les articule. Désespérant ! Comment des techniciens peuvent-ils s’amuser à ce jeu macabre ? Atterrant ! Tout se passe comme si, n’ayant pas quitté le monde dans lequel ils ont pataugé depuis l’enfance, celui des jeux vidéos, ils poursuivent leur quête d’éternelle sottise. Pitoyable ! comment une mère peut-elle se laisser aller à ce simulacre d’existence ? Tragique ! 
       Qu’on ne me dise pas que je n’y entends rien, ou que cette supercherie participe du processus de deuil. J’ai perdu un fils et, ne serait-ce que pour sa mémoire, je ne m’abaisserai jamais à cette infamante tricherie, cette escroquerie. On ne fait jamais le deuil de son enfant.
     Mais que dire ? Je ne distingue ce soir que deux possibilités pour cette femme dont la souffrance est telle qu’elle se laisse aller aux pires extrémités. Elle deviendra dépendante, casque greffé, droguée à l’irréalité, ou se suicidera pour rejoindre son enfant d’immatérielle apparence. Quoi qu’il en soit, sa raison l’a déjà abandonnée. 
     Quant aux promoteurs de cette abomination, je leur suggère de la tester eux-mêmes en ne vivant désormais que de cette façon. Manger, aimer, respirer, etc. virtuellement. Ils comprendront peut-être qu’on ne peut jouer innocemment avec la vie.

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