Un remède pire que la Covid

2 juin 2020 § 0 commentaire § permalien

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      À qui veut les entendre, les commentateurs qui se disent informés se gargarisent d’une satisfaction toute factice. Il est heureux, disent-ils, que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité l’homme ait choisi, pour contrer cette épidémie coronavirale, la santé et non l’économie.
     Il serait pourtant plus juste et sincère de dire que, dans sa globalité, homo sapiens est lentement devenu homo timoratus si ce n’est homo phobicus, voire homo stultus ; par conséquent quelques uns de l’espèce par crainte de procès, de plaintes, de rejets, les autres par tare génétique, beaucoup par hébétude, privilégièrent l’univers hospitalier devenu exsangue afin de préserver le résidu de confort qui subsistait malgré les coupes claires successives l’érodant au nom de l’économie.
     Ce n’est donc pas par compassion envers leurs prochains que fut décidé l’aberrant confinement, dont on ne peut affirmer qu’il fut efficace puisque les rares comparaisons avec d’autres nations moins autoritaires démontrent une étonnante similitude dans les résultats obtenus, voire meilleurs, non par compassion donc mais uniquement par crainte d’administrés plaideurs en tout genre qui, depuis l’épisode du sang contaminé, recherchent des responsables à tous les aléas perturbant la banalité de leur existence.
     Certes l’émergence de ce virus, comme des centaines d’autres d’ailleurs, passés ou futurs, avec leurs alter-ego les bactéries, agissant ponctuellement de même, vint enrayer de sa taille plus insignifiante qu’un grain de sable le beau rouage de notre quotidien. Mais guère plus, tout autant peut-être, voire moins, que les épidémies auxquelles est confrontée régulièrement depuis son origine l’humanité et dont on ne parle jamais, sinon après. Cette attaque virale bénéficia d’une publicité outrancière qui, comme un ouragan s’auto-alimentant, balaya les esprits enclins à toutes les peurs imaginant dans cette bestiole agressive l’émanation d’un Hécatonchire intentionnellement libéré par un Zeus asiatique désireux de régner en maître, ou pesticide détruisant la nature facilitant la naissance d’une Chimère dévorant ceux qu’elle croisait. Rares furent les médecins à dire qu’il ne s’agissait que d’une maladie comme une autre, à traiter en médecin et non en pusillanime. On ne les écouta pas. Pire, on tenta de les discréditer.
     Il faut toujours trouver raison à ses angoisses, à ses phobies. Les anesthésier. Alors on confina, au nom du principe de précaution, de la trouille mondiale qui dirige désormais nos sociétés, sans se soucier de savoir si l’on n’allait pas tomber de Charybde en Scylla, si le remède ne serait pas pire que le mal.
     D’effrayantes statistiques, ajoutant à la terreur, furent ainsi communiquées, prévoyant une espèce d’apocalypse si rien n’était fait pour contenir l’avancée du monstre. Encore aujourd’hui répète-t-on à l’envi qu’il est toujours là, tapi dans quelque recoin prêt à fondre sur sa proie, malgré l’évidente constatation de sa constante évanescence.
     L’humanité cessa de vivre, confinée qu’elle était dans sa prison d’interdictions. L’activité cessa. L’économie fut rabotée, ruinée. Quelques naïfs crurent que la décroissance, enfin, prenait le pas sur le capitalisme, espérant, Attila modernes, que la mondialisation ne repousserait pas là où ils applaudissaient.
     Puis la réalité lentement s’imposa. Tous n’étaient pas morts mais beaucoup furent abandonnés, laissés pour compte sur le bord du chemin. Ils mourront, socialement ou physiquement, plus violemment sans doute que d’une agression virale. Immanquablement nombreux sont ceux qui, se réjouissant de cet entracte, deviendront les nouvelles victimes de ce nouveau bourreau, le désastre économique.
     À l’image des animaux de la fable que Babrius, fabuliste romain écrivant en grec, intitula « Les Bœufs », traduit par M. Sommer en 1848, que je vous livre in extenso en guise de conclusion.

     21 – LES BŒUFS.
     Les bœufs un jour cherchaient à se défaire des bouchers, dont la profession leur est si funeste. Déjà ils s’attroupaient et aiguisaient leurs cornes pour le combat. Un des leurs, un vieux bœuf qui avait longtemps traîné la charrue, leur dit : « Du moins, ceux-ci ont la main habile et nous tuent sans nous faire trop de mal ; mais ce sera deux fois mourir que de tomber sous les coups de maladroits ; à défaut de bouchers, les bœufs auront encore assez d’égorgeurs. »
     Avant de fuir un mal présent, vois à ne pas tomber dans un pire.

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Virus et coquelicot

21 avril 2020 § Commentaires fermés sur Virus et coquelicot § permalien

     Avant de passer à autre chose, une dernière mise à jour des chiffres de la pandémie au 21 avril : ICI
     J’ai intégré les observations mondiales effectuées par JHU. Chacun pourra en penser ce qu’il lui plaira, me gardant bien d’affirmer quoi que ce soit tant l’hystérie est grande dans cette affaire.
     Je constate tout de même, tout comme hier, que les États qui n’ont pas confiné ne présentent pas a priori plus de décès que les autres, en pourcentage.
     À ce propos, si d’une manière générale les courbes des contaminations (à l’exception de celles de la Russie, de l’Afrique du Sud, de l’Argentine ou du Brésil qui sont très ascendantes) de la plupart des grandes nations deviennent étales, celles des morts continueront vraisemblablement d’évoluer puisqu’un décalage d’environ trois semaines existe entre l’entrée en réanimation d’un malade et son éventuel décès.
     Toutefois le virus ne touche qu’une infime partie de la population. D’aucuns affirmeront que le confinement produit ses effets, d’autres qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un virus peu agressif, les décès étant dus aux pathologies annexes qu’il suscite et notamment cet orage cytokinique provoqué par une exacerbation des défenses immunitaires.
     Bref, il est l’heure de parler d’autre chose, notamment des premières hirondelles qui sont apparues dans le ciel et des coquelicots entraperçus cette après-midi en promenant le chien.

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Statistiques brutes

13 avril 2020 § Commentaires fermés sur Statistiques brutes § permalien

     Les conséquences respiratoires de la grippe font mondialement, selon les années, entre 290 000 et 650 000 décès selon les dernières estimations des différents centres d’observation, dont l’OMS. Le taux de mortalité le plus important s’observe dans les pays pauvres et notamment sub-sahariens, et dans nos pays concerne essentiellement les personnes âgées.

     En France les épidémies chaque année provoquent le décès de dizaine de milliers de personnes, la plupart âgées de plus de 70 ans et hébergées en maison de retraite. La plupart du temps, comme en 1958 ou 1969, le nombre de morts dépassant à chaque épisode les 25 000 et pour une population inférieure à celle d’aujourd’hui, l’indifférence est générale. La saison hivernale 2014 – 2015 fut particulièrement sévère avec plus de 18 300 décès. Dans l’indifférence générale. Les hivers suivants les morts oscillent entre 9 000 et 14 000. Toujours dans l’indifférence quasi générale. Pas de traitement, un vaccin annuel délaissé par une majorité de nos compatriotes.

Le virus du Sida, depuis 1920, provoqua la mort de 36 millions de personnes et le double de contaminées. Toujours dans l’indifférence générale, d’autant que le mode de transmission est différent. Pas de traitement, pas de vaccin.

     Toutes choses étant égales par ailleurs, l’épidémie du Covid-19 (pas de traitement, pas de vaccin) de cette année n’est guère plus agressive qu’un virus grippal, et pourtant les décisions prises dans l’affolement général, la panique, auront permis de ruiner l’économie, raboter les libertés et pas même minimiser les conséquences.

     Le tableau ci-joint (Lien ICI ) compare à ce jour la situation dans différents pays. J’ai volontairement omis la Chine, non significative à cause de sa duplicité. Je n’ai pas analysé non plus l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Australie. J’ai fait en sorte que la somme des populations des États européens sélectionnés approche celle des USA. J’ai également comparé la situation de la Suisse, du Canada et du Royaume Uni. Les chiffres des contaminations et des décès sont issus de la base de données du « Dashboard by the Center for Systems Science and Engineering (CSSE) at Johns Hopkins University (JHU) » (lien ICI à visionner les chiffres évoluant chaque jour). Chaque état comptabilisant différemment, on peut noter certains biais statistiques qui restent cependant mineurs.

     Et l’on constate que malgré le matraquage continue des médias, les USA ne sont pas le pays le plus martyrisé, que les pays qui n’ont pas pratiqué de confinement ou un confinement léger ne sont pas les plus touchés et que d’une manière globale les pourcentages observés sont, à l’heure actuelle et sans plus présager, relativement dérisoires en regard des populations et assez proches les uns des autres au vu de leur petitesse.

     Il eût été nécessaire de conserver une certaine présence d’esprit avant de décider de mesures drastiques. Mesures que je comprends émanant du corps médical mais disproportionnées de la part de gouvernants en charge de populations. Le ratio bénéfice/risque étant déséquilibré eu égard à l’ensemble de la collectivité.

     Et sans être grand devin je peux prédire que le confinement, absurdement, va se poursuivre. L’épineuse question de sa sortie créera évidemment d’autres discriminations injustifiées.

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Coronavirus, parlons-en

15 mars 2020 § 2 commentaires § permalien

Coronavirus COVID-19 Global Cases by the Center for Systems Science and Engineering (CSSE) at Johns Hopkins

Parlons chiffres ce soir. Parce qu’il y a des décisions qui me surprennent, l’analyse des contaminations au coronavirus et les décès qu’il entraîne, laissant planer le doute sur leur pertinence.
     En France nous avons au soir du 14 mars 4 511 malades répertoriés et 91 décès. Ramenés au nombre d’habitants, les pourcentages sont donc les suivants :
– contaminés : 0,0067 % de la population (pourcentage en augmentation par rapport à celui d’hier de 0,0044 %)
– décès : 2,02 % des contaminés (pourcentage en baisse par rapport à celui d’hier de 2,12 %). Soit 0,00014 % de la population  (98 % de guérison)
     Sur le plan mondial, les décès se montent à 5 065 pour 137 456 cas. Soit :
– contaminés : 0,00196 % de la population mondiale
– décès : 3,685 % des cas ou 0,000072 % de la population
     Ce qui, convenons-en, n’est pas plus effrayant qu’une épidémie quelconque de grippe, de gastro-entérite ou de rougeole. D’autant que nombre d’individus porteurs asymptomatiques ne sont pas intégrés dans les statistiques ci-dessus, pour la bonne raison qu’ils ne savent pas qu’ils sont infectés. Ce qui modifierait les pourcentages, augmentant les contaminés mais baissant celui des décès.
     Cela étant, des statisticiens ont prévu, pour la France, une fourchette de 300 000 à 500 000 morts à terme si aucune mesure n’est prise (modélisation de Neil Ferguson, épidémiologiste). Ce qui me paraît disproportionné eu égard à ce que l’on constate en Chine où l’épidémie semble régresser, si les chiffres sont correctement révélés, après une contamination à ce jour de 81 003 personnes et 3 203 décès pour une population de 1,5 milliard.
     Il serait nécessaire que l’on m’expliquât ce différentiel qui ne laisse pas d’inquiéter ou de faire sourire selon le degré d’optimisme que l’on arbore puisque l’on sait que le virus incriminé n’a pratiquement pas muté, ou infiniment peu. À moins que les quarantaines sévères qui furent mises en place là-bas aient porté leur fruit. Auquel cas il convient de respecter les nôtres.
     Lorsque j’entends le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, annoncer que les hôpitaux parisiens n’ont jamais été confrontés à un phénomène d’une telle ampleur je me dis que sa mémoire est défectueuse ou qu’il participe à l’effet de panique que les dirigeants du monde entier déclenchent par leurs gestions de crise. Résultat d’un engrenage dans lequel tout le monde se laisse prendre. La panique engendre des comportements erratiques.
     Et je crois que si nous n’avions rien fait, peut-être que les chiffres que je citais plus haut n’eussent été guère différents à quelques cas près, et non dramatiques comme le laisse entendre l’oiseau de mauvais augure Neil Ferguson. Nous verrons dans quelques jours si mes propos sont confirmés ou infirmés par l’actualité. D’une manière générale les épidémies virales ont une vie en forme de courbe de Gauss ; ça monte, ça se stabilise, ça redescend (exactement comme celle de la Corée du Sud qui débute sa descente). L’immunisation s’opérant lorsque le nombre de contaminés résistants ne permet plus au virus de se propager, soit aux environs d’une moitié de population. D’ailleurs en laissant proliférer le virus sans doute serions-nous parvenu à ce stade plus rapidement sans avoir à subir les conséquences non seulement économiques, mais également sociétales que nous constatons et qui n’ont pas fini de générer des ondes de choc destructrices.
     En tout cas nous sommes encore loin des grandes épidémies du siècle passé aux centaines de milliers de morts… uniquement entre les frontières de l’hexagone. Faisant preuve de cynisme, une centaine de morts actuellement ce n’est pas, en espérant que ça dure, une aubaine pour les sociétés de pompes funèbres dont les actions ne compenseront pas à la hausse les baisses boursières de ces derniers jours.
     À propos des frontières et de cette manie inutile de vouloir les fermer, j’en reparlerai un autre jour, car pour l’instant je dois aller cadenasser le portail, ajouré, du jardin, pour éviter la contamination que mes voisins seraient susceptibles, badins qu’ils sont, de me transmettre.
     Lavez-vous les mains et vous vous porterez bien.

Billet écrit le 14 mars. La France compte ce soir 15 mars 120 décès pour 5400 cas (eficiens) soit 2,2 % – ce qui reste stable et dénote toujours 98 % de guérisons.

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