Journal – 18 juillet

18 juillet 2019 § Commentaires fermés sur Journal – 18 juillet § permalien

      Le Monde, version internet, est un journal que je ne lis pratiquement plus. Je ne sais si les actionnaires influencent les rédacteurs, mais ces derniers me paraissent quitter la neutralité pour arborer une partialité qui, même lorsqu’elle conforte mes idées, m’exaspère. Un journaliste se devrait d’être impartial et non jouer le rôle d’un révérend prosélyte sermonnant ses ouailles. Dire les faits, rien que les faits. Au lecteur ensuite de se faire une opinion. Albert Londres, en ce sens, détenait la vérité. 
     Un détail qui ne trompe pas. Dans l’affaire de Rugy, les titres omettent la particule pour n’imprimer que, par exemple : « Affaire Rugy : les parlementaires de tout bord agacés par les révélations de « Médiapart » ». La politesse, ce qui est la moindre des choses, serait de ne pas estropier le nom de la personne, quand bien même celle-ci déplairait. J’avais noté l’identique sottise à propos de François Hollande que l’on affublait d’un H muet (Le quinquennat d’Hollande). Mesquinerie vengeresse indigne et dérisoire d’un esprit sans imagination (Mea culpa, mea maxima culpa : après recherche, la langue française étant d’une richesse insoupçonnée nous permettant de découvrir chaque jour de nouvelle pépite, en ce qui concerne la particule nobiliaire – cas de François de Rugy – elle disparait lorsque le prénom n’apparaît pas, et revient s’il est présent ; il faut donc écrire « l’affaire Rugy » ainsi que lemonde.fr le fait très correctement, ou « l’affaire François de Rugy ». Je vous fais grâce du reste. J’ajouterai qu’on n’aura jamais tant parlé de cet homme depuis qu’il fait de la politique). 

     Amazon ! Ce géant du commerce, dont le créateur, après avoir fait faillite, est devenu la première fortune mondiale, est la bête noire de beaucoup. Digne héritier de Boucicaut, Jeff Bezos devrait inspirer un Zola moderne. Mais revenons à l’enseigne, sorte de Manufrance à l’échelle mondiale et plus petit pourtant que le rival asiatique Alibaba, comme autrefois ces catalogues que l’on feuilletait avec un plaisir non dissimulé, on navigue sur les pages de l’enseigne. On y trouve tout d’ailleurs. L’autre jour je cherchais dans les magasins alentours un tuyau de qualité alimentaire et d’un diamètre de 6 mm. Nul n’en avait. Amazon, oui, à un prix dérisoire. Accéder au site pour acheter est tentant car la recherche y est aisée, les prix attractifs, le choix infini avec photos descriptives. Ingrédients nécessaires à la réussite qui font la différence avec ses concurrents. Tout comme Manufrance ou d’autres enseignes, Amazon disparaîtra un jour, remplacé par une nouvelle mode ; ainsi va le commerce et les affaires du monde. En attendant rien ni personne n’arrêtera son actuelle expansion et, plutôt que critiquer et le vouer aux gémonies, il serait plus constructif et intelligent de composer avec. Y compris les éditeurs. 
     Cela me rappelle un épisode de mon enfance, lorsque mon père, jamais à court d’idées et à la recherche de leur exploitation, m’entraînait avec quelques uns de ses amis, chaque dimanche du milieu des années cinquante, dans les villes alentours afin de prospecter une éventuelle clientèle à qui vendre les objets qui s’offraient en page des catalogues que nous distribuions et qu’il avait fait imprimer par un imprimeur de ses amis. J’avais entre dix et treize ans et nous battions la campagne avec entrain. Sans devenir le Jeff Bezos français il eût pu faire fortune s’il avait su gérer ses affaires avec la même réussite que son imagination les lui faisait éclore. Par la suite j’ai regretté de n’avoir pas su devenir l’aide dont il aurait eu besoin. J’en reparlerai peut-être un jour. 

     J’ai un voisin écologiste. Il écrit des livres sur les oiseaux et les insectes. Nous nous saluons lorsque nous nous croisons, rarement. Il écrivait également sur un blog. J’aimais le parcourir. Quand bien même suis-je en désaccord avec ses idées, elles y étaient intelligemment et fort correctement décrites, bien qu’il m’arrivait de sourire parfois de ses constatations, comme lorsqu’il s’étonna de trouver une exuvie de cigale rouge dans son jardin. Plus jeune que moi il ne peut savoir qu’il y a une soixantaine d’années je les entendais chanter à cymbales déployées dès qu’il faisait très chaud dans la cour de la maison de ma grand-mère, à trois kilomètres d’où nous habitons actuellement, lui et moi, lorsque j’y passais des vacances. Quant aux exuvies, à l’époque, il n’y a pas si longtemps, où je semais des légumes, j’en trouvais en bêchant la terre, et les entendais en arrosant le potager. Mon épouse, qui a l’ouïe plus fine que la mienne qui décroît lamentablement, les entend chaque année à peu près à la même saison, c’est-à-dire en ce moment. 
     Il ferma son blog dernièrement au prétexte que son vieux Mac ne peut plus être mis à jour et par voie de conséquence ne supporte plus WordPress qui ne peut, lui non plus, être actualisé. Il s’insurge contre cette mode de rendre obsolète volontairement les logiciels afin d’obliger à changer de machine. 
     Je ne l’ai pas rencontré depuis qu’il écrivit cette balourdise. Car enfin, avec cette façon de penser, nul progrès n’aurait jamais lieu et nous voyagerions encore, par exemple et malgré qu’il en ait de cette prolifération anthropique de CO2 qu’il accuse de changer le climat, avec de vieilles locomotives à vapeur produite par la combustion du charbon si elles n’avaient disparu au profit des moteurs diesels puis ceux électriques des trains rapides. Or je ne pense pas que les ingénieurs aient programmé l’obsolescence des locomotives à vapeur, pas plus que Dieu  – s’il existe – celle de l’Homme qui en serait encore au stade simiesque s’il n’avait évolué. Tout vieillit sur terre. Et il est bien normal que son vieux Mac finisse à la poubelle tout comme furent réformées les vieilles locomotives. 
     Cela me fait penser que le mien, de Mac, qui aura bientôt douze ans finira de même manière.

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Taxes du carburant : le beau prétexte

17 novembre 2018 § Commentaires fermés sur Taxes du carburant : le beau prétexte § permalien

Ça monte, comme la colère

Alors qu’aucune étude n’a jamais démontré le prétendu caractère anthropique du réchauffement climatique qui, soit dit en passant, est stable depuis plusieurs années, on le met en exergue pour justifier une salve de taxes propres à ruiner une économie déjà vacillante.

Les gouvernements successifs ont eu et ont beau jeu de viser la voiture, cet outil indispensable au quotidien de tous, pour écraser encore et encore les budgets restreints de la plupart d’entre nous. Nul ne pouvant dédaigner ce moyen de déplacement, hormis quelques privilégiés qui sont souvent les mêmes à justifier sa disparition, nous devons nous plier aux décisions ineptes qui sont prises pour engranger des recettes qui, loin de permettre la réalisation des projets annoncés, ne servent qu’à éponger les dettes dues à l’impéritie de ceux qui nous gouvernent, entretenant de facto le ralentissement d’une croissance en berne.

Une espèce de cercle vicieux dans lequel les taxes s’entrechoquent, déclenchent une réaction en chaîne et, le point critique étant atteint, provoquent l’explosion de la masse.

C’est ce que nous vivons aujourd’hui, les gilets jaunes étant les dignes héritiers de ces révoltés désespérés du VIe siècle écrasés par les taxes imbéciles du roi franc de l’époque et précurseur en la matière, Chilpéric 1er.

Ce n’est donc pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière, qu’à force de prendre les gens pour des idiots, ces derniers se révoltent. À trop pressurer un fruit il ne reste que des pépins.

Car, ce qu’affirme le ministre du budget est faux et contribue à la colère. Pour plus de détail il n’est que de lire l’article du journal Le Monde[1].

Puis, afin d’apaiser si faire se peut cette colère légitime, des contreparties sont offertes pour compenser partiellement ces augmentations, comme des chèques énergie dérisoires alors qu’il suffirait de supprimer ces nouvelles taxes, voire les baisser dans l’hypothèse d’une hausse du pétrole. Ces pis-aller étant la preuve d’une surenchère fiscale.

Aux aides à l’achat de voitures neuves s’opposent un malus qui les annule rapidement tant il est progressif, aides qui, de toutes façons, ne seront jamais suffisantes pour ceux dont le salaire côtoie peu ou prou le bas-fond du smic.

Il suffirait sans doute de prendre en compte l’inflation et d’agir en sorte qu’elle soit compensée par des hausses de salaire et de pensions. Mais non, on préfère accentuer les difficultés en taxant un peu plus.

Non, la colère ne s’apaisera pas tant que les salaires seront insuffisants.

Mais surtout, sachant que jamais l’homme n’aura une quelconque influence sur les lois de la nature et en particulier sur celle du climat, il s’agit d’une escroquerie intellectuelle que d’arguer d’une quelconque transition écologique pour justifier d’un impôt supplémentaire frappant les moins aisés alors qu’on privilégia d’une autre manière les détenteurs de capital.

Non, la température qui change au rythme des saisons ne sera pas modifiée par plus ou moins de CO2, le soleil en étant le grand responsable[2].

Au contraire de ce qu’affirment les médias – qui n’organisent jamais de débats contradictoires à ce sujet, se réjouissant de distiller la crainte – la banquise arctique s’étend[3] et les ours, cette année, chassent plus tôt[4].

En avez-vous jamais entendu parler ? non, bien sûr, comme de bien d’autres sujets, tels l’ineptie coûteuse des éoliennes. En revanche, et ce n’est plus de l’information mais un lavage de cerveau, l’amplification des évènements cataclysmiques à cause du changement climatique est annoncée à grand renfort d’images alors qu’il n’y en a ni plus ni moins qu’avant et même en diminution pour certains[5].

Ou encore de ce CO2 atmosphérique tant décrié et dont on dit qu’il atteint son seuil critique mais qui, à l’inverse, diminuant régulièrement, anéantira toute vie sur terre quand son taux sera inférieur à 150ppm[6].

On abuse de la crédulité des esprits pour imposer, dans tous les sens du terme, des solutions qui ne sont que des escroqueries pour le malheur des masses.

Aussi serait-il temps que cesse cette hystérie collective qu’est devenue la transition écologique qui se fera naturellement grâce aux progrès de la science et qu’enfin nos dirigeants prennent conscience de la souffrance dans laquelle vit la majorité dite silencieuse mais désespérée et qui, n’ayant plus rien à perdre, ose exprimer sa colère.

C’est ainsi que des rois furent déchus, des tyrans fusillés, mais qu’également de dangereux extrémistes sont parvenus au pouvoir.

[1]Les décodeurs du 16/11/2018
[2]Conférence de V.Courtillot du 18/10/2018
[3]La banquise s’étend
[4]Ours de la Baie d’Hudson (en)
[5]Ouragans en diminution
[6]La pomme et le CO2

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Le réveil sera difficile

21 septembre 2012 § 2 commentaires § permalien

Giorgione – La Vénus endormie – Dresde

 

Par quoi commencer? On n’émerge pas d’une léthargie de deux mois sans une certaine appréhension. Tout était si doux dans ma caverne où le brouhaha du monde ne s’avançait que sur la pointe de rumeurs diffuses auxquelles mon attention ne prenait garde. Je rêvais à autre chose que ces peccadilles dont les hommes ont le secret et embarrassent leurs jours. S’ils savaient comme tout cela est vain, combien s’apaiseraient-ils.
Par quoi commencer, en effet? Et tout d’abord saurais-je encore le sens des mots pour les assembler et leur faire dire l’exactitude d’une pensée? Le réveil est toujours difficile à la mécanique aux rouages endormis. Le sportif qui ne s’entraîne, le virtuose qui délaisse ses gammes, l’artiste qui abandonne sa palette ou sa glaise, l’artisan son atelier, le maçon sa truelle, tous ceux enfin dont la main ou l’esprit est demeuré masqué dans la poche ou sous le chapeau de l’indifférence ne peuvent que constater la douleur à reprendre le cours de l’existence.
L’été se dissipe petit à petit et déjà les ors de l’automne pointent leur rutilance. Bientôt nos maisons se calfeutreront autour de la cheminée et dehors, ici, il fera froid alors qu’ailleurs le soleil resplendira. Car c’est cela aussi le monde, cette éternelle différence dont nous ne prenons l’exacte réalité, tout se passant comme si nous ne voulions, nous ne pouvions connaître que ce qui est à portée de notre vue si courte, de notre main si peu ouverte. Au seuil de nos maisons l’existence s’arrête et nous ne savons plus que claquer la porte entrouverte. Je ne dirai pas qu’il s’agit d’égoïsme, simplement cette propension que nous avons de croire que l’univers est à l’image de notre microcosme. Chacun détient sa vérité la généralisant, l’imposant en déniant à l’autre une possible divergence. Tant d’événements ces dernières semaines et particulièrement ces derniers jours, nous incitent à penser que peu sont aujourd’hui aptes à vivre en respectant la différence d’autrui, fût-elle aux antipodes de la leur. Que l’intolérance soit religieuse, écologique, politicienne, coutumière ou autre, ce refus, ce déni est incompatible avec la sérénité, la paix, la quiétude et contribue à la montée des exaspérations dont nous constatons avec effroi que leurs vagues déferlent jusqu’à ce que mort d’homme survienne.
Je sais bien que toute société ne peut survivre sans un minimum de cohérence, d’uniformité et qu’il est nécessaire et bon que légifèrent, au nom de ceux qui les ont élus, nos gouvernants, mais il faut également à cette même société l’indispensable espace de liberté où chacun peut se reconnaître. Il serait dommageable qu’un arasement de lotisseur prédominât, interdisant à quiconque toute velléité érectile.
Or il me semble qu’actuellement c’est ce à quoi nous assistons. La conséquence n’en sera que plus néfaste pour l’avenir avec l’instauration progressive d’une anesthésie généralisée.
C’est sans doute aussi pour cette raison subodorée que les peuples se révoltent et qu’émerge, au-delà de nos portes closes, de ce sommeil qu’on veut imposer, le rêve de chacun accepté par tous.
Il serait si facile de laisser l’autre vivre comme il l’entend sans vouloir le contraindre à se plier aux exigences qui ne sont pas son credo.

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