Coronavirus, parlons-en

15 mars 2020 § 2 commentaires § permalien

Coronavirus COVID-19 Global Cases by the Center for Systems Science and Engineering (CSSE) at Johns Hopkins

Parlons chiffres ce soir. Parce qu’il y a des décisions qui me surprennent, l’analyse des contaminations au coronavirus et les décès qu’il entraîne, laissant planer le doute sur leur pertinence.
     En France nous avons au soir du 14 mars 4 511 malades répertoriés et 91 décès. Ramenés au nombre d’habitants, les pourcentages sont donc les suivants :
– contaminés : 0,0067 % de la population (pourcentage en augmentation par rapport à celui d’hier de 0,0044 %)
– décès : 2,02 % des contaminés (pourcentage en baisse par rapport à celui d’hier de 2,12 %). Soit 0,00014 % de la population  (98 % de guérison)
     Sur le plan mondial, les décès se montent à 5 065 pour 137 456 cas. Soit :
– contaminés : 0,00196 % de la population mondiale
– décès : 3,685 % des cas ou 0,000072 % de la population
     Ce qui, convenons-en, n’est pas plus effrayant qu’une épidémie quelconque de grippe, de gastro-entérite ou de rougeole. D’autant que nombre d’individus porteurs asymptomatiques ne sont pas intégrés dans les statistiques ci-dessus, pour la bonne raison qu’ils ne savent pas qu’ils sont infectés. Ce qui modifierait les pourcentages, augmentant les contaminés mais baissant celui des décès.
     Cela étant, des statisticiens ont prévu, pour la France, une fourchette de 300 000 à 500 000 morts à terme si aucune mesure n’est prise (modélisation de Neil Ferguson, épidémiologiste). Ce qui me paraît disproportionné eu égard à ce que l’on constate en Chine où l’épidémie semble régresser, si les chiffres sont correctement révélés, après une contamination à ce jour de 81 003 personnes et 3 203 décès pour une population de 1,5 milliard.
     Il serait nécessaire que l’on m’expliquât ce différentiel qui ne laisse pas d’inquiéter ou de faire sourire selon le degré d’optimisme que l’on arbore puisque l’on sait que le virus incriminé n’a pratiquement pas muté, ou infiniment peu. À moins que les quarantaines sévères qui furent mises en place là-bas aient porté leur fruit. Auquel cas il convient de respecter les nôtres.
     Lorsque j’entends le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, annoncer que les hôpitaux parisiens n’ont jamais été confrontés à un phénomène d’une telle ampleur je me dis que sa mémoire est défectueuse ou qu’il participe à l’effet de panique que les dirigeants du monde entier déclenchent par leurs gestions de crise. Résultat d’un engrenage dans lequel tout le monde se laisse prendre. La panique engendre des comportements erratiques.
     Et je crois que si nous n’avions rien fait, peut-être que les chiffres que je citais plus haut n’eussent été guère différents à quelques cas près, et non dramatiques comme le laisse entendre l’oiseau de mauvais augure Neil Ferguson. Nous verrons dans quelques jours si mes propos sont confirmés ou infirmés par l’actualité. D’une manière générale les épidémies virales ont une vie en forme de courbe de Gauss ; ça monte, ça se stabilise, ça redescend (exactement comme celle de la Corée du Sud qui débute sa descente). L’immunisation s’opérant lorsque le nombre de contaminés résistants ne permet plus au virus de se propager, soit aux environs d’une moitié de population. D’ailleurs en laissant proliférer le virus sans doute serions-nous parvenu à ce stade plus rapidement sans avoir à subir les conséquences non seulement économiques, mais également sociétales que nous constatons et qui n’ont pas fini de générer des ondes de choc destructrices.
     En tout cas nous sommes encore loin des grandes épidémies du siècle passé aux centaines de milliers de morts… uniquement entre les frontières de l’hexagone. Faisant preuve de cynisme, une centaine de morts actuellement ce n’est pas, en espérant que ça dure, une aubaine pour les sociétés de pompes funèbres dont les actions ne compenseront pas à la hausse les baisses boursières de ces derniers jours.
     À propos des frontières et de cette manie inutile de vouloir les fermer, j’en reparlerai un autre jour, car pour l’instant je dois aller cadenasser le portail, ajouré, du jardin, pour éviter la contamination que mes voisins seraient susceptibles, badins qu’ils sont, de me transmettre.
     Lavez-vous les mains et vous vous porterez bien.

Billet écrit le 14 mars. La France compte ce soir 15 mars 120 décès pour 5400 cas (eficiens) soit 2,2 % – ce qui reste stable et dénote toujours 98 % de guérisons.

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Une retraite à l’ADN

9 décembre 2019 § Commentaires fermés sur Une retraite à l’ADN § permalien

Schéma Wikipédia

      À propos de la réforme des retraites, dont on ne sait pas grand-chose encore et contre laquelle on manifeste déjà, j’entends quelques uns évoquer la nécessité de prendre en compte l’espérance de vie dans les négociations ou les propositions pour en déterminer les paramètres ; soit en fixant individuellement l’âge, sans doute, atteint pour prétendre cesser son activité, soit imposer une durée limitée pour verser le montant de la pension à laquelle une carrière donnerait droit, ne distinguant pas d’autres solutions, car, disent-ils en schématisant, les cadres vivent plus vieux que les manuels. Je ne sais laquelle de ces deux propositions serait plus débile que l’autre. 
     Dans l’esprit de ces théoriciens rances, la mort est sans doute prédéterminée. Ce qui est relativement vrai, mais jamais à date escomptée. Car si, le hasard étant un grand farceur, un individu pas intellectuel du tout se mettait à vivre, grâce à sa génétique ou à son hygiène de vie, plus longtemps que prévu, lui supprimerait-on alors sa pension à la date précise à laquelle il eût dû quitter les listings de la caisse de retraite ? Et à l’inverse, si par maladie, stress ou autre cause par exemple accidentelle, un second individu en rien bricoleur venait à mourir avant l’heure prédite, continuerait-on à verser à ses héritiers la maigre pension à laquelle il n’aurait pu totalement prétendre le temps imparti ? 
     Au-delà de ces boutades, évoquer une espérance de vie pour inclure ou non telle ou telle clause restrictive ou bénéfique, s’apparenterait à une discrimination. Ce qui, convenons-en, est à l’opposée du but recherché dans l’établissement d’une retraite universelle par points qui se veut égalitaire (égalité toute relative là encore puisque dépendante des revenus). 
     Les régimes spéciaux ont été conçus en fonction de la pénibilité de certains métiers. Je pense bien sûr aux chauffeurs des locomotives à vapeur, ce qui n’a plus de raison d’être, qui ont obtenu leurs avantages soutenus qu’ils étaient par de puissantes organisations syndicales. En revanche, seul dans son coin, un peu anar, ou poète tel Thierry Metz aujourd’hui décédé, le vieux maçon usé par le temps et l’effort n’a jamais bénéficié, lui, d’un régime particulier. Même si de nos jours les bétonnières sont mécanisées, le métier reste pénible à la différence du chauffeur de train. Il y a là matière à discuter, évidemment. Mais certes non en termes médicaux ou funéraires. Ce qui reviendrait à créer une espèce de « professophobie », si l’on veut bien m’accorder ce néologisme, en un mot de racisme s’apparentant à celui que l’on constate en matière religieuse ou ethnique. Avec les dérives inévitables, comme celle qui fut mienne lorsque plus haut j’opposais le chauffeur de train au maçon. Les exaspérations, rancœurs, haines, plus prégnantes qu’aujourd’hui, ne manqueront pas alors de s’immiscer dans les esprits de ceux ne bénéficiant pas des avantages des autres. Est-on d’ailleurs certain de cette affirmation qui voudrait qu’un travailleur manuel vécût moins longtemps qu’un intellectuel ? Les statistiques le prouvent nous dit-on. Tout comme, statistiquement parlant, les femmes vivent plus longtemps que les hommes ; certainement la raison pour laquelle leurs émoluments sont inférieurs à ceux de leurs homologues masculins. 
     Dès lors il faut aller plus loin dans l’absurdité et créer tout un tas de discriminations en fonction de l’âge d’une mort prévue par les statistiques, du sexe, de la taille, de la couleur des yeux, de la voix, de l’apparence. Les tests ADN généralisés seront pour demain à inclure dans les CV d’embauche accompagnés d’un état détaillé de nos habitudes alimentaires, sportives, amoureuses, etc. etc. Orwell avait vu juste. Quant à Thomas More, son Utopia va devenir une galéjade. 
     Déterminez donc les retraites en fonction de l’ADN de chacun et n’en parlez plus. Ça évitera grèves et bouchons inutiles.
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