“Ici, bien des vérités ne se feront sentir qu’après qu’on aura vu la chaîne qui les lie à d’autres. Plus on réfléchira sur les détails, plus on sentira la certitude des principes. Ces détails même, je ne les ai pas tous donnés: car, qui pourroit dire tout sans un mortel ennui?”

MONTESQUIEU  De l’Esprit des Lois (préface)

QUE S’EST-IL PASSE A EL THAMAD?


Revenons en arrière

La mission que devait effectuer Guillaume avait été programmée pour juin-juillet. Mais les ordres et les contre-ordres, dans l’armée, il connaissait.
De plus, sa disponibilité et sa passion de voler lui firent accepter un départ plus tôt que prévu. Il aimait aussi la beauté du Sinaï, et l’engagement de la France au sein de la MFO convenait à sa personnalité, rôle de surveillance et de paix entre de vieux belligérants (Egypte et Israël depuis la guerre des 6 jours).

C’est donc le lundi de Pâques 9 avril, dans le petit matin brumeux des Landes, qu’il se présente sur le tarmac de la BA118 à Mont de Marsan pour s’envoler vers El Gorah, en tant que chef de mission et commandant de bord (CDB). Las! il apprend que son copi (co-pilote) est malade et ne peut partir. Leur départ est repoussé d’une semaine, temps nécessaire pour trouver un remplaçant.
C’est une remplaçante, Laurence. Ils se connaissent bien. Ils ont déjà volé ensemble. Elle est d’un grade supérieur au sien : elle devient CDB et chef de mission. Peu importe. ” C’est une fille super et sympa “, téléphone-t-il à sa mère quelques jours avant de partir. Et puis peu lui importait les grades et les honneurs, seul l’individu comptait pour lui quand celui-ci savait respecter les valeurs humaines

Ils s’envolèrent donc le lundi 16 avril, survolant pour la dernière fois de leur vie les hauts pins des Landes noyés dans l’aube naissante d’un printemps magnifique, à bord de ce Twin Otter qu’il affectionnait tant.

Dernière nouvelle:

Dans un article du Point daté 30 août, Irène Inchauspé nous informe que l’Etat Major de l’Armée de l’Air a pris des sanctions disciplinaires et professionnelles à l’encontre de plusieurs militaires, suite à l’accident survenu dans le Sinaï.

AINSI ILS ONT OSE, CREANT UN AMALGAME POUR ACCREDITER LEUR THESE: LE TWIN VOLAIT TROP BAS AU DESSUS DE LA ROUTE POUR S’AMUSER AVEC LES CAMIONS! VERSION QUI NOUS A ETE ASSENEE PENDANT 2 H AVEC DEMONSTRATIONS PUERILES, AFFIRMATIONS STUPIDES ET MEME MENSONGES. MAIS VERSION DIFFERENTE DE CELLES DONNEES AUX AUTRES FAMILLES.

De quoi s’agit-il?

Après le crash du 6 mai des gendarmes de l’armée de l’air accompagnés du directeur du BEAD-air, se sont rendus sur les lieux de l’accident pour essayer d’en analyser les causes. Rien de plus normal. Ils ont aussi fouillé les locaux où logeaient les victimes et ont saisi plusieurs éléments leur appartenant. Parmi ceux-là des vidéos montrant des vols à basse altitude (estimée à 10 ou 15 m.) sur lesquelles apparaissaient les visages des pilotes (ces vidéos dataient de 2003 - 2004).Il faut savoir que le Twin est un appareil conçu pour voler à 2 m et à faible vitesse afin d’effectuer des missions d’observation et que les observateurs américains de la MFO demandent souvent aux équipages de voler au plus bas pour mieux observer d’éventuels mouvements de troupes ou de chars.

A partir de là tout fut dit et ils imposèrent même à quelques mécanos qui avaient fait des missions dans le Sinaï de témoigner que tous les pilotes agissaient ainsi (donc mon fils qui, à leurs dires, et comme par hasard, “en était devenu le spécialiste”, et par voie de conséquence tous les pilotes du Sinaï. D’ailleurs, certains généraux en poste ont débuté leur carrière là-bas). Ils attendirent quand même la fin des funérailles pour diffuser dans toutes les bases un montage vidéo sur la sécurité avec en fin de film les images du crash ou l’on distinguait les corps (ils n’ont demandé aucune permission aux familles). Ce film fut d’abord diffusé à tous les commandants de base réunis à Paris. Et ce, avant même qu’une quelconque enquête technique ait apporté le moindre élément. Donc,pour eux, ils volaient trop bas au moment du crash, et pour l’instant, et à priori, c’est la seule explication. C’est certain! et ils ne pouvaient pas être plus bas! les roues touchaient le sol car ils se posaient sur la route suite à une panne (j’y reviendrai dans la suite de l’histoire).

En conséquence L’Etat Major décide de sévir et sanctionne ou sanctionnera:

—les camarades (ceux des vidéos) de l’escadron de mon fils (Ventoux) par au moins trente jours d’arrêts et peut-être plus comme perte de licence, pour avoir fait des vols bas (et que dire des Mirages volant ras les flots qu’on peut voir sur Internet?)

—leur chef d’escadron (arrivé depuis peu à Mt de Marsan) en le mutant loin de tout avion. (en quoi est-il responsable? et pourquoi pas, alors, le commandant de la base, le général qui dirige la région, le chef d’état major etc...?)

—les mécanos qui n’avaient pas été délateurs par 15 jours de “trou”, créant ainsi un précédent, institution dans l’institution: la délation! (sans doute l’air du temps!)

Si ce n’est pas de l’amalgame ! Mais tout ça je le savais depuis longtemps. Depuis le 25 mai avec certitude, dès le lendemain du crash par une amie d’une de mes soeurs qui, retraitée de l’armée, lui avait dit: “tu verras, ce sera la faute des pilotes, c’est toujours comme ça que ça se passe”. Pour s’en convaincre il suffit de se connecter sur le site BEAD-air pour comprendre que, sauf évidence flagrante, la majorité des crash est due à des facteurs humains, et rarement à des causes techniques. Tous les rouages sont toujours bien huilés! et aucune pièce ne se casse jamais!

Il est plus facile d’incriminer l’homme que la machine, car alors l’Institution serait en cause dans sa direction et dans sa maintenance (j’y reviendrai aussi dans la suite de l’histoire). C’est plus facile mais c’est peu honorable.
Si peu honorable qu’ils sauront bientôt qu’on ne salit pas impunément la mémoire d’un mort, et je l’espère, qu’ils sauront aussi qu’on ne brise pas la carrière d’un homme uniquement pour sauver les apparences.

dernière info 13/09/07: les visages des pilotes ne sont même pas reconnaissables sur les vidéos: les déductions ont été faites à partir d’un ou deux visages des passagers!

DE MIEUX EN MIEUX: SUR LA FOI D’UN PRETENDU TEMOIGNAGE (LE MECANO QU’ON A FORCE A TEMOIGNER S’EST RETRACTE), ILS ONT RAPPELE 2 PILOTES RESERVISTES (QUI AVAIENT DONC QUITTE L’ARMEE DE L’AIR APRES LA FIN DE LEURS CONTRATS) - POUR LES SANCTIONNER?- ETANT ACCUSES D’AVOIR PRATIQUE DES VOLS EN RASE-MOTTES! 15/09/07

Les sanctions :

2 PILOTES (OSC) : 30 JOURS D’ARRETS - 6 MOIS RETRAIT LICENCE-INTERDITS DE VOL
2 CO-PILOTES : 4 MOIS DE RETRAIT LICENCE - INTERDITS DE VOL(1 DES 2 EST DIRECT)
1 PILOTE (DIRECT) : RIEN (POURTANT “SOUPCONNE” DES MEMES FAITS)
CHEF D’ESCADRON (DIRECT) : MUTE A  PARIS (ETAT-MAJOR?)
CHEF DU DETACHEMENT (DIRECT ; AU SINAI DEPUIS + DE 10ANS, PAR PERIODE DE 3 ANS) : 1 BLAME
LES MECANOS : 15 JOURS DE TROU (VOIRE 20 POUR CERTAINS)
ET CE N’EST PEUT-ETRE PAS FINI.


DIRECT : CONCOURS D’ENTRÉE ÉCOLE DE L’AIR (FUTURS COLONELS-GÉNÉRAUX 2,3,4,5 ÉTOILES)
OSC : OFFICIERS SOUS CONTRAT RECRUTEMENT SUR TESTS ET CONCOURS: BAC MINI, MAIS BAC +2 RECOMMANDÉ 
MÉCANOS : SOUS OFFICIERS (ÉCOLES SAINTES ET ROCHEFORT)