“On ne nous vole pas notre volonté” : mot d’Epictète. (Marc-Aurèle livre XI -36)

Le soir du 22 juin

Quand nous sortîmes de la salle de conférence je serrai la main du général PUGET pour lui dire au revoir et à ce moment il s’excusa, détournant son regard, d’avoir ajouté à notre peine tout ce qu’il venait de nous dire. Il y avait dans cet homme enfin de l’humanité, et les larmes aux yeux je compris qu’il avait agi sur ordre. Mais de qui?

Evelyne, mon épouse, était bouleversée. Le voyage du retour se fit dans un silence poignant; parfois je la voyais sécher ses pleurs.

Olivier, notre fils aîné, nous téléphona. Je lui racontai en quelques mots l’entrevue. Sa mère lui parla, pleurant en lui disant qu’ils accusaient Guillaume. A sa demande elle lui communiqua les numéros de téléphone que le général nous avait remis. Il le joignit sur son portable. Il rentrait sur Paris. Leur discussion dura 1/2 h et je sais qu’elle fut houleuse.

Quelques jours plus tard

Les quinze jours suivant Olivier reçut des appels téléphoniques du général PONS qui voulait absolument le rencontrer, laissant ses messages sur le répondeur. Olivier ne le contacta pas, refusant désormais de discuter avec lui. Etait-ce lui l’instigateur de cette mascarade d’enquête? Encore un mot sur le Gl PONS: il s’est permis, lui ou son service, d’accéder au dossier personnel et confidentiel d’Olivier à Air-France. N’allez pas trop loin Général! Quant au Général KLEIN, ancien commandant de la FAP, je sais que Guillaume l’appréciait peu.

C’est ainsi que nous décidâmes de nous faire assister par un avocat, de nous constituer partie civile afin d’avoir accès au dossier. A ce jour 17 septembre notre avocat ne le possède toujours pas après l’avoir demandé, par écrit, dans les règles, au procureur de la République près le Tribunal aux Armées de Paris. Au téléphone, ce matin, son assistante me disait que c’était normal: il est vide pour l’instant, de nombreuses pièces étant manquantes ou incomplètes.( A CE JOUR 12.11.07 IL S’AGIT TOUJOURS DE L’ENQUÊTE PRELIMINAIRE -6 MOIS APRES LE DRAME- MALGRE UNE INSTRUCTION POUR HOMICIDE INVOLONTAIRE, AUCUN JUGE N’EST DESIGNE. NOUS NOUS SOMMES CONSTITUES PARTIE CIVILE ET NOTRE AVOCAT, M° RAPPAPORT, N’OBTIENT PAS LE DOSSIER, A L’ENCONTRE DE TOUTE PROCEDURE NORMALE!)

Dès le 23 juin je décidai d’écrire au général Puget et au ministre de la défense. Toutefois j’attendis une semaine pour expédier mes lettres, le temps de m’informer sur plusieurs  détails: il n’y a aucun radar à El Gorah; l’expression “saute-camions” est inconnue de tous les pilotes de transport; aucun radar Egyptien ou Israélien ne suit jamais l’avion de la MFO - sauf dans deux cas: lorsqu’il survole le territoire Israélien ou lorsqu’il survole la frontière, et ce n’était pas le cas. De plus le transpondeur doit être branché pour qu’on puisse déterminer avec précision leur position, or ce transpondeur est-il toujours actif?(d’ailleurs, y en a-t-il un sur le Twin? On m’a dit que tous les avions militaires en possèdent un. Peut-être, mais ils n’ont pas tous de boîte noire ou d’enregistreur de vol.) Les contacts radio se font vers les opérateurs canadiens et quand ils ne peuvent pas les joindre, ils contactent par BLU un opérateur Français, qui prévient les Canadiens, car sans ce contact, on déclenche les procédures de recherche; affirmer que c’est Laurence qui pilotait au moment du crash est un mensonge: la situation était telle que forcément ils essayèrent tous deux de la rétablir; affirmer que mon fils était un spécialiste du rase-mottes est aussi un mensonge: certes il en faisait, mais comme TOUS les pilotes le font ou l’on fait et toujours avec un maximum de sécurité, c’est à dire au-dessus de désert plat (toutes les vidéos que j’ai pu voir ne montrent pas autre chose et jamais au-dessus d’une route et à une altitude bien supérieure aux possibilités du Twin). C’est autre chose pour les Mirages (voir site internet)

Certes, ces vols ne sont pas réglementaires (et encore, avec les observateurs, quand ils veulent compter des chars ou des hommes!), mais il y a loin entre tenter de se poser sur une route et survoler à basse altitude une zone désertique.

Et je pourrais encore dire bien d’autres choses. Mais je ne veux pas vous lasser (le réservant pour ultérieurement) et finirai ce chapitre par les réponses à mes lettres:
1) Le général Puget m’adressa un courrier très sec, sans formule de politesse, me précisant que pour tout détail technique je devais m’adresser au cdt de la base de Cognac (qui n’est tenu au courant de rien,bien évidemment, qui s’en désole et nous en rions ensemble)
2) Le Ministre de la Défense, Hervé MORIN, me répondit qu’il souhaitait nous rencontrer, quand nous le voudrions, ainsi que les autres familles, pour nous tenir informés personnellement du déroulement de l’enquête. Je pris donc contact avec son secrétariat et rendez-vous fut pris pour la première quinzaine de septembre. Je l’en remercie.
Ce sera donc le prochain chapitre

Lundi 17 septembre 18 h 30

De nouveau nous voici de retour à Cognac. A chaque carrefour, un policier ou une voiture de police. Nous sommes attendus, pensais-je. Ils en font trop! Mais non, ce n’était pas pour nous. Hervé MORIN avait rencontré dans l’après-midi Mme DURAND et Philippe FOREST à la sous-préfecture, et le parcours qu’il devait suivre pour se rendre à la base était ainsi balisé. Nous sommes arrivés un peu avant lui. Nous l’attendions dans la salle de conférence du PC de la base, en compagnie du capitaine Isabel de LESTAPIS, grignotant quelques petits fours mis là à notre intention, quand soudain un grand gaillard avec oreillette entra et se mit derrière la porte. Ils arrivaient. Le ministre entra le premier, suivi du chef d’Etat-Major de l’Armée de l’Air, le général ABRIAL, puis derrière eux le général PUGET, les colonels FURET et de CUGNAC. Les présentations faites, nous nous installâmes en cercle devant une petite table, le colonel de CUGNAC nous ayant laissé.

Comme il est de coutume, Hervé MORIN fit l’introduction; comme il nous l’avait indiqué précédemment, il nous rencontrait pour faire le point sur les derniers éléments de l’enquête technique. Mais avant qu’il passe la parole au général Puget, je m’exprimai en ces termes:
“Si vous me le permettez monsieur le Ministre, avant d’aller plus avant je voudrais demander au général Puget s’il a de nouvelles informations à nous communiquer, tangibles et crédibles, car il est hors de question qu’il recommence comme le 22 juin d’accuser les pilotes, et en particulier mon fils, comme il l’a fait d’une manière indigne, fondant son argumentation sur des hypothèses hasardeuses, des spéculations, de prétendus témoignages dont on sait ce qu’ils valent quand ils sont obtenus sous pression, des vidéos qui ne prouvent rien et des mensonges grossiers. Nous ne l’écouterons pas une minute de plus s’il doit jouer ce rôle de procureur soit par incompétence ce que je ne crois pas, soir sur ordre, ce que je crois.
Quant à vous général Abrial, je veux vous dire ceci: il est scandaleux d’avoir diffusé un montage vidéo sur la sécurité des vols (même si c’était dans une intention louable: je ne sais plus si je l’ai dit) tout d’abord à tous les cdt de base, ensuite dans toutes les bases, en y incluant les images du crash du Sinaï, et ce à peine quinze jours après les funérailles. Ca veut dire deux choses:
1) que vos conclusions étaient déjà entérinées avant même un début de commencement d’enquête.
2) Qu’il s’agit de manipulation créant un amalgame afin d’affirmer votre thèse, faisant fi de l’honneur de vos hommes pour protéger vos sinécures, reportant sur des morts qui ne peuvent plus se défendre la responsabilité de l’armée de l’air.
Enfin et pour terminer je trouve scandaleuses les sanctions qui ont été prises à l’encontre des pilotes et des mécanos, créant une discrimination entre OSC et Directs, tendant à développer au sein de votre institution la délation. C’est un système qui s’apparente au Stalinisme. Je pense que ceux qui en sont victimes aujourd’hui vous poursuivront devant des tribunaux demain, comme je le ferai si vous persistez dans cette voie, car j’accuse l’Armée de l’Air, par son incurie, d’être à l’origine de ce drame, et je vous accuse général Puget avec votre collègue Pons d’avoir orchestré cette mascarade d’enquête. S’il doit en être ainsi je ne vous écouterai pas une seconde de plus et m’entretiendrai seul avec monsieur le Ministre.”
Silence! Et gêne!

Bon, évidemment ça jette un froid. Et je ne sais pas si j’eusse dû commencer par là, Hervé Morin s’étant déplacé pour nous apporter d’autres éléments. Mais les généraux étaient prévenus, et je leur avais dit en face ce qui me démangeait depuis le 22 juin, car l’un d’eux avait attaqué ce jour-là. Il n’eut pas fallu qu’il commençât.

Ils restèrent grâce au ministre et l’entretien se poursuivit. Un point positif et contraire à ce que nous avait affirmé le général Puget en juin: l’enquête continuait et d’autres éléments de l’épave allaient être analysés: les commandes, le trim, les instruments de bord et les volets. Les circuits électriques, je ne sais plus.
Il est à noter toutefois plusieurs points, et dans le désordre car je cite tout de mémoire n’ayant pas pris de notes (le colonel Furet le faisait consciencieusement et il pourra les remettre dans l’ordre et me contacter s’il le souhaite)
Maintenant, il n’y avait eu aucun appel radio :“ je rêve, mais je rêve” dis-je au général qui nous avait précisé en juin que le 1er contact avait eu lieu(si vraiment il n’y a pas eu contact, cela prouve qu’il y avait un incident à bord). Evelyne et le ministre se firent expliquer ce qui se passait dans ce cas là: on déclenche les recherches, ce qui fut fait expliqua-t-il. “Mais ils ont mis quatre heures avant de les retrouver, dit-elle,ce qui prouve que les recherches n’ont pas débuté tout de suite”. Le ministre parut surpris; on n’avait pas dû lui dire. 4 h. ça peut vous paraître un délai court, mais l’accident n’est pas survenu dans un lieu totalement désertique, et les témoins du drame ont dû avertir les autorités locales rapidement. D’autre part, les Américains de la base sont équipés d’hélicoptères. Ces différents éléments me font dire que 4 h. pour parvenir sur les lieux, c’est long, trop long.

Le radar! Comme j’avais dit qu’il n’y avait aucun radar à El Gorah, maintenant c’était un radar Israélien qui les avait suivi pendant 1/4 h. volant bas à une altitude comprise entre 150 et 300 pieds (70 à 150m.). Je n’ai pas commenté, et l’ai fait plus haut (voir aussi plus bas la hauteur des montagnes où le crash a eu lieu). J’ai simplement demandé au général Puget de nous en apporter la preuve, de nous montrer cet écho radar; “Vous ne l’aurez pas!” m’a-t-il répondu sèchement. ( il faudra bien qu’il l’exhibe un jour cette preuve!)

Les extincteurs! Ils les avaient analysés (tiens, ils étaient donc retrouvés): un n’était pas percuté, l’autre l’était, mais l’avait été par le choc du crash et c’était cette percussion qui avait mis le feu au carburant. (Nous avions affaire à un extincteur pyromane!). J’ai interrogé mon beau-frère, médecin mais aussi médecin-capitaine dans la brigade de pompiers volontaires de sa ville: il est surpris, mais se renseignera, car dit-il, je n’ai jamais vu d’étincelles quand on percute un extincteur. (Après recherches et si mes renseignements sont bons, le gaz -halon 1211- utilisé dans les extincteurs de l’armée de l’air n’est ni inflammable, ni explosif, mais attaque la couche d’ozone. Mais il doit s’agir sans doute d’un autre modèle!)

Il ne fut plus question de rase-mottes ou d’essai d’atterrissage, mais de vol bas et d’un faisceau d’indices qui prouveraient qu’ils volaient en dessous des limites autorisées (dans un environnement montagneux avec des sommets entre 700 et 1000 m.? - ce que je mets entre parenthèse, je ne l’ai pas dit, ne souhaitant pas envenimer le débat. Ce sera pour plus tard, s’ils ne changent pas de version). J’ai évoqué le “saute-camions”: “ce n’est pas moi qui ai inventé cette expression” m’a répondu le général Puget, sans en dire plus.

Il faut que je vous dise aussi que je n’ai pu retenir mon émotion, pleurant et pinçant les lèvres (non pas de haine, mais de colère après moi qui ne me maîtrisais plus) en parlant au général Abrial au sujet de Guillaume et de Laurence dont on commence à dire d’eux: “ceux qui faisaient les imbéciles dans le Sinaï” et ce, grâce à cette vidéo diffusée. (Je ne supporte pas qu’on puisse salir ainsi un équipage qui, j’en suis persuadé, victime d’une avarie, a tout tenté pour sauver les vies de leurs passagers et les leurs.)
Evelyne posa la question au général Abrial: “est-ce que vous sanctionnez aussi les pilotes de chasse qui font du rase-mottes? -Non malheureusement car nous ne les reconnaissons pas. -Et pourtant ils se filment avec du matériel de l’armée. -Oui, je sais, répondit-il”.
“Si vous voulez des témoignages, j’en ai, ajoutai-je, et notamment le général...(je ne divulguerai pas son nom, mais je leur ai dit, entre nous, car ils le savaient, ce général ayant eu déjà quelques ennuis par le passé), mais je ne les vous donnerai pas car je ne suis pas un délateur”. “D’ailleurs, ajoutai-je me tournant alternativement vers le général Abrial et le général Puget, vous êtes d’anciens pilotes et je n’aurai pas l’outrecuidance de vous demander si vous n’avez jamais fait de rase-mottes.” Silence dans les rangs!
“De toutes façons, ajoutai-je, tous les films vidéo que j’ai vus concernant les rase-mottes se déroulent au-dessus de terrains plats et sans danger, et tous les pilotes en ont fait un jour ou l’autre.” (les sanctions prises aujourd’hui ne servent que d’alibi pour faire des pilotes et des mécanos des boucs émissaires.)

Puis elle parla de la base d’El Gorah où le Twin décollait et se posait sur des taxi-way avec vent latéral. Je ne crois pas qu’ils aient répondu (elle faisait allusion aux essais d’atterrissages sur route dont il avait été question avec d’autres familles). “Ils n’avaient pas besoin de s’entraîner pour atterrir n’importe où, ils savaient le faire”.

Puis nous parlâmes de la justice, je ne sais plus pourquoi, leur disant que nous nous étions portés partie civile afin d’avoir accès au dossier. “C’est tout à fait normal” me répondit H. Morin. Ce qu’il ne savait pas, et le surprit, c’est que notre avocat, M° RAPPAPORT, ne parvenait pas à l’obtenir, ayant essuyé un refus du procureur près le tribunal aux armées de Paris. Là ce n’était pas normal, et il le nota.

Je m’adresse à vous général ABRIAL, puisque maintenant je sais que vous êtes lecteur assidu de ce site (lors de l’entretien le général m’a dit “vous avez commis une erreur monsieur sur votre site, un des deux co-pilotes sanctionnés est direct”, “je sais général” lui répondis-je), vous paraissiez sincère, et je vous crois car j’ai senti en vous une profonde humanité, lorsque vous m’avez affirmé qu’en présentant ce film il ne s’agissait pas de créer un amalgame, mais malheureusement le mal est fait.

Vous paraissiez sincère aussi lorsque vous nous avez affirmé qu’il n’y avait aucun intérêt pour l’armée de l’air à vouloir démontrer que les pilotes étaient fautifs (mais alors pourquoi cette entreprise de démolition faite envers nous en juin? Et pourquoi ces sanctions?)

Et je remercie le Ministre de la défense, Hervé MORIN, car je pense que c’est grâce à lui que l’enquête a repris, homme ouvert et sans rancune, qui a compris notre désarroi, et qui, je crois, semble s’étonner de certains points qui demeurent obscurs, lorsque par exemple j’ai demandé au général Puget ce qu’il en était des manettes de volets positionnés à 20, et quand le ministre lui demanda ce que c’était, il bredouilla (il était assis à ma droite et moi-même je ne n’ai pas tout saisi de ses explications) quelques mots sur le rapport qu’il y avait entre cette position et celle des volets déterminant s’il y a atterrissage ou non (cf. in-memoriam3). L’analyse n’est pas terminée.

Et je vous remercie Monsieur le Ministre d’avoir accepté de nous voir, seul, en tête à tête afin de vous apporter des précisions, non pas nous concernant (à l’exception d’un point de détail sans grande portée, sinon matérielle concernant le déménagement de l’appartement de notre fils), mais dans l’intérêt général et d’accepter de recevoir Olivier, le frère de Guillaume, qui pourra vous apporter un autre point de vue sur des détails techniques.

J’oublie sans doute beaucoup de choses. Ce qu’a dit encore Evelyne, qui parla peu, mais bien, en femme sensée comme elles le sont toutes, et plus que nous. J’oublie aussi des questions et des réponses. Mais sur presque deux heures d’entretien, l’essentiel est là.

J’ajouterai enfin, que si pour eux il y a un faisceau d’indices, et notamment ce vol bas, dont nous a reparlé Hervé Morin quand nous étions seuls avec lui, qui tendrait à prouver une faute de pilotage, moi j’affirme qu’il n’y a aucune preuve, que l’environnement dans lequel ils évoluaient ne permettait en aucune façon de voler à basse altitude mais qu’au contraire il existe un faisceau d’indices prouvant que certains veulent, par tous les moyens, faire porter la responsabilité de ce drame sur deux pilotes dont la mort, ainsi que celle de leurs sept compagnons, indiffère l’Institution ( je ne parle pas des individualités), et que tout n’est que procès d’intention: ils volaient bas dès le départ (ce qui reste à prouver, d’une part, et qui de toute façon n’est pas la preuve de ce qu’on va faire après) donc ils le faisaient encore une heure plus tard! TOUT REPOSE SUR CET AXIOME, MAIS CE N’EST QUE LE LEUR!
C’est tout simplement nous prendre pour des imbéciles!


Un mot sur la MFO

Société anonyme financée par plusieurs nations, elle réagit en tant que telle, c’est à dire qu’elle se désintéresse du drame. En tout cas a-t-il fallu que je les relance.
Je les ai contacté par trois fois, envoyant mes messages au contact de leur site. A ce jour je n’ai aucune réponse d’eux, à savoir s’ils pouvaient me recevoir dans le Sinaï pour me rendre sur les lieux de l’accident (je ne leur demande même pas de me payer le voyage, mais de m’accueillir au Caire et à El Gorah.)
J’envisage donc d’adresser un courrier recommandé au directeur général basé au Caire, M. Normand St Pierre. (J’ai enfin reçu ce samedi 10.11 un courrier de leur part, me précisant qu’ils allaient étudier le projet, et que les familles seraient les bienvenues.)
Nous avons reçu mi-décembre un courrier du CEMAA, le général ABRIAL, que je remercie sincèrement, nous informant d’une cérémonie à El-Gorah où seront conviées les familles.


Quelques mots supplémentaires

Je voudrais encore remercier Bénito GARCIA, notre chauffeur de la base de Cognac qui nous accompagna pour les funérailles à Mt de Marsan. Il est venu dernièrement à la maison récupérer quelques documents nécessaires à l’administration. Les mots très simples qu’il a eu la gentillesse de me dire me sont allés droit au coeur et m’ont ému plus qu’une oraison.

Le jour de l’incinération beaucoup de nos amis étaient là, ainsi que ceux de Guillaume. Je les en remercie tous d’avoir été à nos côtés. Je sais que ceux qui n’ont pu venir étaient aussi présents par la pensée. Qu’ils en soient également remerciés.
J’aurais voulu te dire un dernier mot devant ton cercueil mon petit, mon enfant, mais l’émotion me taraudait et je n’ai su que pleurer. Un jour, un autre jour, nous nous retrouverons et je pourrai de nouveau te serrer dans mes bras.

Et maintenant attendons. S’ils veulent la guerre, ils l’auront pour l’honneur de Guillaume, de Laurence, de Dominique, de Yann, de Julien, de Dominique, d’Hervé, de Laurent, de Benoît. Mais aussi pour la vérité! Ils ont déclenché les hostilités par une après-midi de juin, et l’on sait que l’attaque est un moyen de défense. C’est donc qu’ils craignaient qu’on découvre autre chose. Je ne désirais que la paix et ils n’ont rien compris.