en réalité la collision s’est produite ici, environ 100m après le sommet du faux plat.

Il est déjà évident que le camion se situait après la côte, mais plus encore était parfaitement visible sur la route pour les pilotes du Twin, au contraire de ce qui est insinué. L’argumentation développée par les enquêteurs, selon laquelle les pilotes n’ont pas vu le camion* et l’ont donc heurté de ce fait, est non seulement irrecevable mais de plus mensongère. De plus la photo est délibérément trompeuse.

Une seconde photo prise de 3/4 montre que les pilotes ne pouvaient pas ne pas le voir et que la route est suffisamment large pour pouvoir l’éviter.



Ci-dessous d’autres photos qui démontrent la parfaite visibilité et le peu de crédit qu’on peut accorder au schéma des rapporteurs du rapport final d’enquête ainsi qu’une autre montrant cette tache sombre avant l’impact (dernière photo, tache visible entre les deux 4x4 blancs et les camions du fond).

camion

ouest

twin

est

Photo suivante prise à -50 mètres de l’impact. Elle montre qu’à hauteur d’homme on voit derrière le sommet de la butte, au contraire de ce qui est affirmé dans le rapport, que cette butte ne ressemble en rien au schéma malgré l’impression de bosse due à la perspective inhérente à la photo, et que le camion se situe bien après le sommet, à une centaine de mètres.
Par conséquent, si le Twin a heurté le camion ce n’est pas parce qu’il ne l’a pas vu, mais :

1 - soit parce que l’avion roulait au sol pour une raison indéterminée mais probablement technique et qu’il ne pouvait faire autrement et certainement pas dévier sa trajectoire.

2 - soit volontairement! Ce qui, vous en conviendrez, est absurde.

Notez également la position du 4x4 que l’on retrouve sur la photo (au-dessus) vers l’Ouest et qui montre qu’il n’est pas, lui-même, au sommet de la côte.

Ce que je ne parviens pas à comprendre, c’est la raison pour laquelle les enquêteurs du BEAD air falsifient à ce point la réalité. Du moins en ai-je une petite idée, leur thèse n’étant étayée par aucun élément concret puisqu’il n’y avait pas d’enregistreur de vol à bord, le fait d’affirmer que le camion était derrière la côte, donc invisible aux yeux des pilotes, voudrait prouver que ces derniers s’amusaient donc en toute confiance et que surpris par l’apparition du camion, l’ont percuté.
Mais la thèse inverse, si l’on se fait l’avocat du diable, peut aussi être développée. Voyant le camion, ils auraient voulu jouer avec lui et l’auraient percuté par erreur de jugement. Après en avoir évité deux autres! Deux, en effet, puisqu’un premier van dans lequel se trouvait le policier qui a averti les autorités de l’accident, a mystérieusement disparu. En tout cas n’apparaît nulle part, sauf dans les témoignages que je possède.
Alors pourquoi mentir? Parce que la première démonstration est plus probante pour leur hypothèse de départ, plus proche de ce qu’ils considèrent comme étant la réalité.
Or il n’en est rien. Si les photos que je vous ai montrées ne sont pas suffisamment parlantes quant au relief véritable de cette portion de route, puisque les lignes de fuite varient selon la focale utilisée et la perspective selon l’endroit où l’on se place, un autre élément est beaucoup plus explicite, c’est le relevé topographique effectué par GPS sur les lieux mêmes quelques jours après l’accident. Le dénivelé sur 600 m. est de 8 m. , soit non pas une côte, pas même une butte, mais un long faux plat dont on ne peut pas dire qu’il était suffisant pour masquer un camion. J’ai les relevés effectués de +1500 à -2400, soit 3,9 km. Je vous indique ci-après les hauteurs sur 300 m. avant (-) et après (+) le point zéro qui est celui de l’impact, soit sur une distance de 600 m., l’avion allant du (-) vers le (+). Si vous en tracez la courbe vous constaterez qu’elle est loin d’être ressemblante au schéma alpin du BEAD air.
+300   :   562 m.
+200   :   563 m.
+100   :   567 m.
+20     :   571 m.
    0     :   570 m.
-50      :   569 m.
-100    :   569 m.
-150    :   569 m.
-200    :   567 m.
-250    :   570 m.
-300    :   570 m.

Les pilotes voyaient donc tous les véhicules circulant, c’est désormais une certitude, toute autre assertion* est mensongère.
Vous me direz ce n’est qu’un schéma. Certes, mais lorsqu’on fait un rapport concernant un accident qui a coûté la vie à neuf personnes, on travaille avec rigueur en rapportant la vérité et non un déguisement de celle-ci, car dès lors tout le rapport est sujet à caution et l’on est en droit de penser que d’autres éléments peuvent être, eux aussi, mensongers.

* Page 73 du rapport :